Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par serge granjon

  Les joyaux de l'impératrice

 

 

De la visite du roi de Perse, les parisiens avaient retenu l'éclat de ses diamants. Ceux de la monarchie en France furent évalués après 1870 à 64812 pièces, pesant 18751 carats. A supposer qu'il n'en manquât pas d'autres... 

 

 La souple inspiration d'un livret de Scribe et l'harmonie en finesse d' Aubert...En 1841 cet heureux assemblage ferait éclore " les Diamants de la Couronne ", un opéra comique où la verve le disputait au burlesque. Il y était question d'une reine du Portugal qui, pour payer ses dettes, avait vendu les pierres précieuses du Trésor, et les faisaient remplacer par du clinquant venu tout droit de l'antre d'un faux-monnayeur. Le coeur des brigands, déguisés en noines, terminant le premier acte.

Et pourquoi pas un choeur de lecteurs érigés en témoins ? ce serait trente ans plus tard, lorsque le Forez les verrait rassemblés autour d'un secret encombrant. Un honorable négociant stéphanois livrait à la presse pour le voir exorcicé par la réprobation unanime. Cette confidence, le digne homme la tenait d'une lettre envoyée par un curieux correspondant, que les journaux relatèrent.

Pour Adolfo Calatraba, l'aventure commença le jour où cet ex-capitaine de l'armée espagnole, émigré en France après la révolution de 1868, entra au service de sa compatriote l'impératrice Eugénie. Il avait su, disait-il, mériter sa confiance ; si  bien que lorsque sonna pour elle l'heure de l'exil, elle lui remit une boîte contenant huit millions de francs en billets et des bijoux d'une très grande valeur.

 

UN TRESOR DANS LE SOL STEPHANOIS

Chargé de remettre le coffret à sa mère, la comtesse de Montijo, Calatraba partit pour l'Espagne. Mais traqué en chemin par la police de la République, craignant d'être fouillé, il préféra faire un détour par Saint-Etienne. Il connaissait bien la ville, pour l'avoir autrefois habité comme réfugié. La proche banlieue lui offrit un recoin sauvae. Au pied d'un arbre, il enfouit le trésor, non sans avoir du lieu dressé un plan, qu'il dissimula au fond d'une malle. Et il reprit le chemin de l'Espagne.

Prévenue par Eugénie, la comtesse de Montijo s'étonna de voir Cala traba arriver sans sa précieuse boîte. Elle le fit arrêter. S'estimant indignement traîté, il ne révéla rien de la cachette stéphanoise. Par contre au négociant de la ville auquel il s'adressait, il se disait prêt à " confier un secret très important duquel dépendait leur bonheur mutuel ".

C'était le précieux plan. Or il devait, pour le récupérer, lever la saisie de ses bagages. Et l'Hidalgo désargenté en demandait bien pour 4000 réaux au marchand de Saint-Etienne. Juste avant l'appel d'une autre somme. La filouterie paraissait si évidente que personne ne dut  se risquer à répondre à l'adresse indiquée, celle d'un ami sûr de Grenade. En tout cas, on ne le sut jamais.

Souvent, ce que l'Histoire ne dit pas laisse la part belle au rêve : au pied d'un arbre que le respect incline, et presque dans la ville, les joyaux d'Eugénie sommeilleraient-ils depuis cent, et plus de trente années.... 

separateurs,lignes,barres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article