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Publié par le CLA



SUR LA LLISSE



Sur la Llisse se pressent les désirs les plus fous
Les vagues tourmentées assiègent toutes les grèves
Le sable glisse humide et sec en recouvrant tous les gouffres
Le flot bat furieusement contre toutes les parois
La haute mer déferle avec violence
Jusqu’au goût du sang se renouent les passions
Un tumulte fracassant emplit nos oreilles ivres
Un cœur énorme y bat jusqu’à l’angoisse.

Je mourrai en cette haute chambre
Je vomirai mon âme dans un dernier sursaut
L’agonie pâle et froide resserrera mes tempes
La glace tombera de mes objectifs vides
Un linceul descendra
Pareil à un ciel froid et blanc où tremblent les mouettes
Des eaux surgiront glacées et vertes et descendront jusqu’à la mer
Nous respirerons cette neige aveuglante
Tremblants et durs comme des squelettes
Les enfants pleureront de détresse et d’angoisse
Tandis que les mères glousseront inquiètes
Tout ce froid figera les sexes au garde-à-vous
Nos cris retentiront perçants intarissables
Pour cette perte éternelle irréparable
L’océan des lamentations baignera les quatre murs blancs
Où l’agonie gela cette barque fragile
Faite du bois des îles et de fine substance.

La nature est trop belle pour pleurer longuement
Elle recouvrira  cette plante d’un luxuriance nouvelle
Le jardin rejaillira soudain
D’une sève nouvelle et plus belle que l’autre

A la fenêtre qui sera en émoi
Attentive à ce monde et ce cœur des choses
Quelle bergère conduira les enfants
Sur le chemin tranquille d’éclatante croissance
Auront-ils un peu de froid et se souviendront-ils
Quand tout sera bien dit dans la chambre d’amour.

Marie-José Garand - Poèsie en Stéphanie - 2005




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