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Publié par elsapopin

Mon pauvre amour d’un jour d’automne, d’un soir de printemps ou d’été, d’un remous d’âtre de l’hiver !

Te souvient-il, mon vieux fantôme, quand on marchait, on ne savait vers où, le cœur Versailles et verrou, sur le chemin qu’on espérait sans trous ?

Premier amour, si simple de tendresse, avec ses quatre mains de la jeunesse, avec son seul soleil pour deux, avec ses oiseaux pelotonnés dans nos regards frileux…et cette pauvreté dont on divisait la richesse par deux !

Elle a marché près de moi, timide de ne pas savoir, peureuse de tenter de croire, dans ce parfum enivrant d’exhaler son espoir. Première chevelure, première hirondelle dans le silence des mots. Il pleuvait tant de soleil à gros sanglots. Elle, le frisson nouveau, prête à me dire pourquoi il est impossible de dire, quand il fait beau…

Premier amour, mon pauvre amour d’une prison possible, ces bras garrottés, trop petits et timides pour embrasser le jour, mon vieil amour de lèvres indécises, de pendants d’oreilles aux cerises, de gilet serré sur un cœur gros.

Elle a parlé, juste les trois mots de trèfle tendre, si lointains qu’on ne se souvient plus de les entendre…trois mots à fermer les yeux, pour les mouiller à la fontaine du merveilleux !

Lointain amour, les doigts entortillés d’offrandes, ces riens de quatre sous et de printemps, qui aux branches du sapin d’hiver pendent.

T’en souvient-il ? C’était si peu, cette allumette trop humide pour éclairer le feu ! Et pourtant, dans le milliard de passants inconnus, deux ombres, deux, sous le réverbère du soleil fondues, deux ombres seules et miraculeuses de plus…T’en souviens-tu ?

Elle a passé comme un parfum qui se consume…et puis un jour marché sur les fleurs de l’amertume. Le ciel a pris sa brume, le vent sa caravelle, pour des regards nouveaux, des souffrances nouvelles.

Premier amour ! Sur le quai du passé un mouchoir s’agite toujours, perlé du rouge à lèvres des baisers frêles sans retour. Il a sombré à la première traversée, sans tout à fait disparaître, malgré cyclones et tempêtes, petit point chahuté à tout jamais par les vagues irrémédiables du souvenir.

Elle a marché…peut-être à me chercher…

On a marché, chacun vers son soleil endimanché, chacun vers cette aurore qu’on avait qu’ébauchée…si bien cachée !

octobre 2008

separateurs,lignes,barres 

 

 

 

 

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