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Publié par cine phill

" Eiger sanction " était, en 1975, relégué en fin de pages dans les magazines de cinéma, expédié en deux ou trois phrases assassines et, depuis, on le réévalue à l'aune de la popularité de son réalisateur. Un phénomène comparable toute proportion gardée dans le domaine politique avec la métamorphose de Mitterrand, le roué, en tonton gâteau de la nation. On mesurera la quantité d'eau qu'en trois décennies Eastwood a versé dans son whisky pour amadouer les critiques progressistes.

Par rapport à ce qu'on propose en matière de " film d'action " aujourd'hui, c'est plutôt mieux car les vues d'hélicoptère, les couchers de soleil, la rencontre de l'aride Arizona et de l'enneigé Eiger insèrent l'action dans un cadre contemplatif inhabituel.

Jonathan Hemlock à l'instar de SAS le prince Malko Linge se met au service de la CIA pour satisfaire ses goûts d'esthète et tout comme Indiana Jones il est un professeur d'université repoussant les avances de ses étudiantes, prêtes à tout pour obtenir un diplôme. Une belle hôtesse de l'air joue de son charme pour tromper le valeureux guerrier. Pour qu'il retrouve sa forme physique, on lui assigne une entraîneuse ( sic ) asiatique, lorsque l'énergie du sprinter faiblit, la jolie muette lui montre sa poitrine, et plus tard, se retrouve à l'horizontale où les paroles sont inutiles ( Hemlock fait les questions réponses ) avant de passer à l'essentiel.

C'est dire que le film se polarise, à travers les vues splendides des pics rocheux de l'UTAH, et le mont Eiger, sur la virilité. Le malheureux Français qui participe à l'ascension ne soutient visiblement pas sa réputation, lui qui veut prouver à sa replète bimbo qu'il en a encore dans le pantalon, bimbo qui le cocufie sans scrupules ! Pour couronner le tout, Hemlock abandonne en plein désert un traître efféminé et son yorkshire, flanqués d'un impressionnant giton musclé vite expédié par une balle. Les répliques les plus truculentes ( et aussi les moins élégantes ) sont réservées à George Kennedy (qui, notons-le, cache une claudication symbolique) surnommé " beau cul " (" il est paumé, il trouverait pas sa quéquette dans son pantalon ").

Une constante chez Eastwood : la volonté masochiste de jouer avec le personnage cynique et brutal de ses débuts et d'offrir une cible rêvée à ses adversaires, mais à l'instar d'Harry Callahan il a su intelligemment éviter les balles..

 

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