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Publié par elsapopin

Quentin Metzis est un grand peintre flamand, né à Anvers en 1550 et mort dans sa ville natale à l'âge de soixante-dix-neuf ans.

C'est une étrange histoire que la sienne, car il ne se destinait pas du tout à cette carrière artistique ; il était forgeron, comme son père. Son seul ouvrage de valeur, en fer forgé, voisine, dans la chapelle Sixtine de l'église Notre-Dame, à Anvers, avec un de ses plus beaux tableaux, qu'on appelle un " triptyque ", c'est à dire un tableau qui s'ouvre  en " trois " : le fond, le volet gauche et le droit.

C'est à une mouche qu'il dut son bonheur.

Il avait dix-neuf ou vingt ans et n'avait jamais manié le pinceau, ni même le crayon. Il rencontra un jour la fille d'un peintre et en devint amoureux. Il fit ce que tout autre aurait fait à sa place : il alla demander sa main à ses parents.

- Quelle est votre profession, mon ami ? demanda le père d'un air protecteur.

- Je suis forgeron !

- Forgeron ! Je regrette monsieur, ma fille n'épousera qu'un peintre.

- Eh bien, je deviendrai peintre !, s'écria Metzis.

Le père sourit en haussant les épaules mais devant l'obstination du jeune homme, il l'autorisa à venir travailler dans son atelier. Ses premiers dessins furent déplorables, mais il ne se découragea pas. Il copia des estampes, il essaya de faire le portrait de la jeune fille qu'il adorait et, tout fier, le soumit à l'appréciation de son futur beau-père. Bien qu'il eût fait d'indéniables progrès, celui-ci ne voulut pas en convenir et déclara à Metzis qu'il avait tort de s'entêter, que jamais il ne ferait quelque chose de bien. Metzis ne dit rien mais il s'entêta...

Or, un jour qu'il était seul dans l'atelier, il avisa une toile que son maître avait commencée et qui représentait un chérubin.

On était en été, il faisait une chaleur folle et les mouches volaient en grand nombre autour de lui. Il lui vint à l'idée de peindre un de ces insectes sur la joue de l'ange inachevé.

Quand le peintre entra, il reprit ses pinceaux et aperçut la mouche.

- Oh ! Ces mouches ! s'écria-t-il en faisant un geste pour chasser l'insecte. Il s'aperçut alors de son erreur et demanda :

- Qui a fait ça ?

- C'est moi, Maître, murmura Matzis timidement, s'attendant à une remontrance.

- Eh bien, mon garçon, tu es peintre ! tu peux donc épouser ma fille.

Quinze jours plus tard le mariage était célébré et Metzis était l'homme le plus heureux du monde. Dans la suite, il fit plusieurs chefs-d'oeuvre, entre autres le tableau dont je vous parle au début du récit.

On possède encore de lui un portrait de sa femme, de lui qui sont tous deux à Florence, puis " La Vierge et l'Enfant Jésus " et " Le Christ et sa mère ", ainsi que de nombreux autres.

 

Article de Amédée Basquin - 2 février 1951

 


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