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Publié par elsapopin

 

Il y a quelques mois le Jardin Zoologique de Rome a annoncé qu'il venait de s'enrichir d'un " varano ". Qu'est-ce qu'un " Varano " ?

C'est un mot italianisé pour désigner le varan. Et qu'est-ce que le varan, allez-vous demander ? C'est un animal appartenant à la famille des reptiles sauriens fissilingues, famille comprenant une trentaine d'espèces de l'Afrique et dont les représentants, d'énormes lézards, atteignent une longueur de deux mètres.

Mais le varan du zoo de Rome, il est mort d'ailleurs depuis, dépassait cette dimension car il atteignait presque 3 mètres.

Il provenait de l'île de Komodo, située dans les mers de la Chine méridionale, parmi les îles de la Sonde à laquelle on a donné le nom peu rassurant de " l'île des monstres ".

c'est ainsi que le varan dont nous parlons, et qui est un des indésirables habitants du pays, y dépasse parfois 4 mètres de long.

Cet espace de terre ceinturé par les flots porte encore un autre nom, pas plus plaisant que le premier : " L'île impossible ".

Pourquoi cette sinistre appellation ? parce que les européens ne peuvent y faire qu'un séjour assez bref. La Hollande, dont cette île est la possession, s'en sert pour y déporter ses condamnés de droit commun de couleur. Ils y mènent une existence misérable, toujours occupés qu'ils sont à lutter comme les animaux, principalement les reptiles, qui s'y développent avec une facilité incroyable et atteignent parfois des tailles qui constituent des records. Les varans sont parmi ceux-là.

Un spectacle assez curieux attend d'ailleurs le blanc qui prend pied pour quelques heures sur le territoire de Komodo. Il constate en effet que tous les habitants de l'île sont pourvus de larges lunettes. Tout d'abord il pense qu'il s'agit là d'une collective maladie ophtalmique, mais lorsqu'il va au fond des choses on lui donne une explication bien différente et qui ne laisse pas  de le surprendre. Komodo recèle, paraît-il, dans sa végétation, une sorte de cobra, que les indigènes ont baptisé " le serpent cracheur ". Il est extrêmement agressif et n'hésite pas  à attaquer l'homme même sans être provoqué et mis en danger. Ce serpent a la propriété  de lancer un venin extrêmement corrosif. Si l'on a pas le soin de nettoyer immédiatement la partie de la peau  sur laquelle tombe ce liquide, l'épiderme et le derme sont brûlés et le venin, s'introduisant dans le sang, provoque la mort à bref délai. Si le liquide touche les yeux la victime perd la vue malgré les lavages les plus rapides et les plus énergiques. Les indigènes assurent que le cobra vise les yeux ( ce qui n'a jamais été démontré ) et qu'il est pour les atteindre d'une adresse diabolique. C'est pourquoi ils se munissent tous de larges lunettes.

On trouve également dans cette île perdue un autre serpent, de dimensions infimes et que l'on a du mal à distinguer dans l'herbe en raison de sa taille exiguë et de sa couleur verte. Sa piqûre détermine une énorme enflure générale des membres. Bien qu'elle n'aie pas un caractère mortel, en général, elle entraîne d'atroces souffrances qui persistent pendant de longs mois.

En résumé, l'île de Komodo n'est pas le pays pour lequel on chanterait, comme dans la Mignon d'Ambroise Thomas : " C'est là que je voudrais vivre !

E. Estèbe - jeudi 17 août 1939

 

 

 

 

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