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Mourir c’est bien,
surtout si ça dure pas trop longtemps,
un jour de canicule
ou de gelée.
Pendant ce temps,
la petite pute à la jupe trop courte
laisse apercevoir sa culotte blanche,
tandis qu’elle est penchée
pour chercher ses clés,
son avenir,
ou son pucelage,
au-dessus de la grille qui mène aux égouts.
Tu veux savoir ?
Va lui demander,
pour l’instant je suis décédé,
je regarde passer les ambulances,
les voitures qui klaxonnent,
les mecs qui gueulent dans leurs bagnoles,
sans le son,
comme les poissons rouges font des bulles.
Ce soir il y aura des greffes possibles,
tant ça pue la mort et le besoin
de savoir qui a la plus grosse,
la plus forte.
La petite salope s’est relevée.
Son triangle de tissu blanc
ne punaise plus mon regard.
Dommage.
Elle aura dû trouver son soleil
à travers la grille.
Dix-neuf heures et il pleut toujours.
Je vais jouer à la gare,
Saint-Lago lève-toi et roule,
trace les rails.
Partout autour il y a de la viande qui croit savoir,
de la viande qui marche,
qui croit penser,
comme on meurt pour toujours.
Comme les pigeons reviennent,
banc de poissons volants,
quand tu les chasses.
Un chien lève la patte sur rien et pisse dans le vide.
Perte de repères,
on est tous paumés, la patte en l’air,
à pas savoir où pisser sa vie.
Le clodo d’à côté me propose 
le goulot de son kil de rouge.
Non, décidément, même pour un moment,
ce n’est pas un bon jour pour crever.

 

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