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Il volait une fois un petit coucou qui avait le hoquet.

Un coucou, c’est un aéroplane, c’est-à-dire un avion d’un modèle très très ancien, comme l’on en fabriquait à l’époque de nos arrière -arrière grands mamans-papas.

Donc, Petit Coucou avait le hoquet et le hips ! hoquet chacun sait ce que c’est. ( Le hoquet existait bien avant les aéroplanes et existera toujours). Petit Coucou en plus de son hoquet avait un ami, son seul ami vraiment. Cet ami, c’était son pilote, Charlie Matou, le chat poète, que l’on surnommait le cat à strophe. Personne n’a jamais su pourquoi.

Charlie Matou avait trouvé un jour Petit Coucou en pièces détachées et rouillées, tout déglingué, au marché à la ferraille. Charlie Matou acheta Petit Coucou déglingué, emporta les pièces détachées et comme il était bricoleur fit de Petit Coucou un avion quasi neuf.

-Tu m’as rendu ma dignité, mon honneur et ma, hips, jeunesse fit Petit Coucou qui avait le hoquet. Veux-tu devenir, hips, mon, hups, ami, malgré mon, hops, hoquet ?

-Okay, Petit Coucou, fit Charlie Matou très ému, je serai ton ami.

Et Charlie Matou, aux commandes de Petit Coucou, vola longtemps heureux dans le ciel bleu, dans le ciel noir et même dans le ciel gris.

-Vroum, hips, vroum, hops, accroche- toi bien, vroum, hups, disait Petit Coucou qui avait le hoquet.

A chaque hips, hups, haps, ou hops, en effet, Charlie Matou manquait d’être éjecté, à cause des soubresauts dus au hoquet. Mais Charlie était très fort : il tenait fermement le manche. Et puis Petit Coucou et lui, c’étaient de vrais amis.

Un jour, Charlie Matou rencontra la petite chérie de sa vie, une jolie chatte qui s’appelait Caty Grace, et cette chatte-là était folle des aéroplanes .

- Je veux partir avec toi loin, loin dans le ciel, Charlie, au-delà de l’arc- en- ciel, plus haut que les derniers nuages !

-Okay, Caty, monte derrière moi, et laisse tes mains sur le manche !

Hélas, à cause du hoquet de Petit Coucou, Caty Grace fut éjectée de l’avion bien avant le septième ciel. Heureusement, elle avait un parachute. Caty Grace fut un peu vexée. Comme elle était très fière, elle ne dit rien, mais Charlie Matou comprit bien qu’elle avait de la peine. Charlie Matou proposa d’autres vols…

« Mais à quoi bon, fit Caty… Tant que Petit Coucou a le hoquet, pas la peine que je dise Okay… autant que je reste sur le quai ! »

Alors Charlie Matou emmena Petit-Coucou qui avait le hoquet chez l’aéropsy. Un aéropsy, c’est un médecin très savant et très cher capable de soigner les aéroplanes malades dans leur tête. Pardon, dans leur moteur.

-Petit Coucou a dû éprouver une grande frayeur dans sa jeunesse, pendant une guerre de ces temps-là, ou durant l’orageuse traversée d’un océan. Cette frayeur lui donna le hoquet. Seule une autre frayeur pourrait le guérir. Emmenez voler Petit Coucou dans la Vallée de la Grande Trouille ! Bon, voilà : mon tarif, c’est trois sacs d’or… Client suivant !

Charlie emmena donc voler Petit Coucou dans la Vallée de la Grande Trouille, vallée horrible située bien au-dessous du niveau de la mer. Au fond de cette vallée hurlait un monstre hideux à guérir tous les hoquets du monde. Charlie et Petit Coucou virent le monstre.

-Beuark, prout ! kakakulotte ! hurlait le monstre, un vrai mal poli.

Mais quand ils remontèrent de la Vallée de la Grande Trouille, Petit Coucou souffrait toujours de son hoquet. Et Charlie Matou avait lui aussi contracté le hoquet à la vue de l’effroyable monstre. Alors Charlie laissa Petit Coucou dans son garage. Il oublia son ami qui commença à rouiller dans l’hélice et à se couvrir de toiles d’araignées. Bien sûr, il allait le visiter parfois, en compagnie de Caty Grace, mais plus par politesse que par amitié.

-Comment vas-tu, hips ? demandait Charlie.

-Pas trop mal, hops, mais le temps est humide, et le temps me ronge, hips ! répondait Petit Coucou.

Un jour qu’il passait devant le garage, Charlie n’entendit plus hoqueter son ami.Il se précipita vers lui.

-Petit Coucou, Petit Coucou, tu n’es pas mort ? réponds- moi !

Petit Coucou était tout rouillé, ses pièces se détachaient, son hélice se déglinguait, ses ailes pendaient lamentablement.

-Non, je vis encore un petit peu, et si je n’ai plus le hoquet, c’est parce que j’ai eu la plus grande peur de ma vie, peur que tu ne sois plus mon ami.

-Moi aussi, j’ai eu très peur, et tu seras toujours mon ami.

Alors Charlie répara Petit Coucou qui redevint quasi tout neuf. Un matin, Caty Grace dit à Charlie :

« Maintenant que Petit Coucou est à jamais guéri de son hoquet, est-ce que je peux partir vraiment avec toi pour de vrai loin, loin dans le ciel, Charlie, au-delà de l’arc-en ciel, plus haut que les derniers nuages, okay , au quai ? »

-Okay, Caty, monte derrière moi, et laisse tes mains sur le manche !

Et c’est ainsi que Charlie Matou s’envola pour toujours avec Caty Grace quelque part, plus haut que l’arc-en-ciel, là où volent les oiseaux bleus.

Henri Merle

Histoire soufflée par les anges

(Espèce en péril).

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