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Et puis l’orage, ce monstre, cogneur, ombres craquelées, tourbillons compacts, couleurs de cendre, sous la cape de sorcière, lourde, épaisse, envahie par le ciel de colère, sur les maisons de granit aux volets bleus trempés. Et puis l’orage, surpris, des roulements, répétés, répétitifs, reptiles en furie, quand tout crépite sous les rafales, les cascades dévalant les torrents teintés de noir, lugubres, alors qu’un vol de mouettes criant de peine perd son courage, les plumes alourdies de peur. Et puis l’orage, rideau des pluies d’ennui, celui des vacances, les bottes lourdes de boues d’été, odorantes enivrantes des premières poussées de girolles, s’étale invite d’autres parfums aux chagrins lointains, déformés de terreur, peut-être ce souvenir d’abandon qui respire encore les bruyères, peut-être l’instant inconsolable de la perte d’enfance, grandir dans la forêt des regards.  et puis l’orage passe, laisse quelques sursauts, des sanglots transparents avec ce bruit régulier de rivière caressant la rondeur des rochers juste ce toucher de l’eau timide, l’orage désarmé.

,juin 2019

Jehannie Ferger 

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