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Suivre le chemin universel et sauvage du deuil. Dire la richesse de l’amour de la mère, cet amour qui survit, lui … Amour de l’enfant et amour de la mère devenant les courants d’un seul flot… Les manifester, leur donner mots, images, musicalité par l’entretien du lien qui subsiste… L’élever pour qu’il soit entendu du ciel… Il paraît qu’on veut toujours « crier l’amour », et du plus haut sommet, s’il vous plaît ! En ville, il nous reste les toits. C’est peut-être déjà la poésie.

(…)Dire la riposte levant de toutes ses forces l’amour plus fort que la mort. Et toc. Une riposte maladroite, magistrale et lucide, à grand renfort tantôt de l’inespérée douceur des mots, tantôt de leur inespérée vision …

Comme si la poésie était l’ancestrale parole magique capable de susciter l’être cher, un instant encore, et de porter son amour à hauteur de l’ange

 

 

La nuit est si blanche

 

Ton cercueil de bois dans ses flammes allongé

Me revient

Barque du temps, un peu lourde un peu massive, passe par là

Passe par ici

 

Passe par ici

 

Maintenant nous sommes nues

Et nos âmes se parlent dans la transparence de l’air

 

Et l’air est immense

 

Ta présence se rappelle,

Vient à moi

Sa chaleur - aquarelle,

L’odeur de ta peau,

Un sillage de douceur

Jusque dans les mots

 

Et puis plus rien de tout cela,

Juste sa totalité

L’amour en écho

Et la nuit effaçant le rempart du visible

 

Passe la nuit, je t’embrasse

Passe la nuit entre roches et plantes

Passe la nuit entre l’air et les arbres-totems

Passe la nuit entre l'immobile et le flot

Passe la nuit entre toi et moi

 

Passe ma main sur ta douceur

Passe la nuit, je t’embrasse

Je remets mon baiser à l’air sacré

A la nuit chamane,

Ils feront suivre

 

J'ai oublié le temps

J'ai pu danser ton nom

Et danser ton passage

 

Comme l’aveugle je vais

Et parfois, une douceur

Mais…

Mais.

 

Qu'importe,

Pour ceux qui restent,

Un don encore est possible

Fragile mais certain, funambule

Si l’on éparpille sa peur au vent comme un mot regretté

Toi

Moi

Pour toujours

 

Envie d'allumer un feu

Sous le ciel clair où je suis venue te parler

 

Sous le ciel clair, ou plutôt avec lui

 

C'est un peu comme la soif, tout ça

Toi, moi, pour toujours

Et puis vous, et puis nous,

De combien, comme l’enfant, disons-nous

Pour toujours ?

 

Maintenant mon feu danse,

J’esquisse une réponse

 

Un jour peut-être

Murmure encore le feu

 

La transparence,

Les bruissements du grand mouvement

Dans le souffle sans lequel,

 

En attendant, charnelle je reste

De chers et d’os,

Toi d’Au-delà

Toi de vif, bien plus que morte

 

J'ai toute ta vie qui défile

 

Ta mort fut comme cette interruption

( photo Julie Ladret )

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