Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Ludovic richard

C’est bon là, tu vois qui c’est le gus ? Oui, voilà, c’est ce crétin de Luc. Il cherche du taf en ce moment… Vu la merde dans laquelle il se trouve, il se dit que ce serait pas mal de bosser un peu. Histoire de pouvoir offrir des cadeaux à sa multiple progéniture de temps en temps ; de pouvoir se payer quelques loisirs, ou se faire un bon resto avec Celle dont il est épris. Mais bon, il sait aussi que c’est pas gagné… C’est pas vraiment un collègue modèle le Luc, l’esprit d’équipe, il s’en bat un peu les roustons avec des raquettes en bois. Il dit qu’un taf, bah c’est fait pour taffer, pas pour se faire des amis. Après tout, il a passé une bonne partie de sa vie de merde à tout faire pour éloigner les autres apparemment, c’est donc pas aujourd’hui qu’il est seul qu’il va se recomposer un cercle hein… il veut bien faire semblant d’être sympa, mais faut pas pousser. « Bonjour », « Au-revoir », « Merci » et « S’il te plaît », ça va… mais pas plus. Il a longtemps bossé avec des centaines de gars, et, il se souvient que certains ne connaissaient pas son nom, ils l’appelaient simplement « L’autre con »… surtout sa hiérarchie. Il n’a jamais supporté ces chefaillons décérébrés qui le prenaient de haut sous prétexte qu’ils étaient ses « supérieurs ». Luc pense qu’un connard qui se prend au sérieux parce qu’il est chef d’équipe ou de je sais pas quoi, n’a rien de « supérieur »… et il ne s’en cache pas. Il a une grande gueule Luc… et c’est pas demain qu’il la fermera. Bref, il a passé sa journée à faire le tour des boîtes d’intérim pour proposer ses services… Pas terrible comme journée pour Luc…

Là, il est dix-huit heures. Il s’est posé dans son canap’ fétiche, s’est roulé un joint de « White Widow » et s’est ouvert une « Tripel Karmeliet ». Il veut penser à autre chose qu’à la perspective qui l’attend dans les jours à venir. Alors il cogite de travers. Il pense à cette belle qui lui avait dit un jour : « Fais-moi jouir avec ta langue ! »… donc, en poète qu’il est, il lui avait… bah… il lui avait fait un bon gros cuni d’une demi-heure ! Puis il se demande pourquoi il pense à ça… Il se dit que ça tourne vraiment pas rond sous son scalp ; que toute cette merde qu’il a dans la tête, sa colère, ses peurs, ses questionnements incessants, tout ça a du finir par lui ronger la cervelle. C’est pas un mec bien Luc, il a menti, volé… et pire encore !… mais il voudrait changer ; semer du bon pour une fois. Il y a ce théâtre à l’abandon près de chez lui ; ce théâtre dans lequel il allait avec son école quand il était marmot… et il aimerait lui rendre son existence. Luc dit que sa ville fait plus pour le tourisme que pour la culture. Cent-cinquante-mille habitants et deux musées ! Y’a pas une couille dans le potage là ? Franchement ? Il dit que c’est bien beau les palmiers, mais que ça n’éveille pas la curiosité de nos enfants… Bref, Luc est décidé.

L’herbe et la bière commencent à faire effet. Il est toujours dans son canap’ et cogite encore. Il a dans l’idée d’écrire quelques horreurs… il aime bien ça écrire des horreurs Luc, ça l’apaise… mais il ne trouve pas de sujet. Il dit qu’être méchant avec les arabes et les renois, ça a déjà été fait cent fois ; que ça ne se vend plus. Avec les juifs… bon… y’en a qu’ont essayé… La misogynie peut-être ? Naaan… il ne va pas tirer sur l’ambulance. Les femmes n’ont pas la vie facile ici-bas, il n’oserait pas en rajouter. Il ne lui reste que les chinois, les politiques et les mongoliens. Bon, les deux derniers se ressemblent beaucoup, certes. Il craint un peu les réactions de ses lecteurs, c’est vrai… alors il opte pour les mongoliens. Sa sœur souffre d’un lourd handicap, il dit qu’elle a la cohérence d’un Picasso, alors, il a le droit d’en rire ! Mais pas ce soir. Au fond, ce soir, il croit qu’il aimerait simplement se reposer ; mettre son cerveau malade sur veille… mais c’est pas si évident que ça. Il ne sait pas pourquoi, mais il pense à ces prénoms qui ne serviront plus… Ces blazes tels Adolf, Oussama, Dorothé ou Katsuni. Ça va pas mieux lui !

Non, ce soir ça va pas trop, il se demande à quoi ça rime tout ça... c’est un bordel sans nom dans sa caboche. Ce soir, Luc se dit qu’il foutrait volontiers le feu au monde, qu’il boirait bien quelques litres d’essence pour ensuite aller pisser sur le bûcher ! Non, ça va pas trop… ça ira mieux demain.

À suivre…

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article