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Jean André, pour Elle, en a parcouru du pays
Pour Elle, ses Sucs, il a abandonnés, 
Et aussi son ravin de Corboeuf multicolore.
À Baccarat, affamé, assoiffé, harassé, 
Il a crapahuté sous le cagnard.
À Verdun, transi de froid, gelé, les nuits dehors…
Pour tuer la peur, Elle l’a abreuvé de gnôle, de pinard, 
Elle s’est éloignée, quand il fut touché dans sa chair
Le dimanche 17 septembre à Vermandovillers.
Pour Elle, il n’a revu ni sa mère, ni son frère…

En Brivadois, loin de Rosières, sous d’autres cieux
Dans un bistrot, les yeux noirs de la serveuse,
Il a charmés, de son regard, acier si malicieux,
Marie Virginie, aussitôt et à jamais amoureuse…
L’un, l’autre, amputé d’un petit frère, 
Se sont réconfortés, famille ont fondée,
Quatre enfants nés, tous disparus avant l’heure,
Le Félixou, la Victoria, l’Ernestou, et Rara.
Jusqu’à sa mobilisation finale, Jean André a souffert
Chaque jour, en silence, ses douleurs lui susurrèrent
D’avoir survécu, son insigne bonheur…

Saleté de Guerre, pourtant je lui dois d’être sur terre
À tenter de tordre en tous sens, ses maux, en vers… 
Tant sont morts pour que d’autres vivent…

Tableau de Marie Morel

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