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Il y a quelques jours, dans un précédent article,

J’avais souhaité qu’un instant,

Esprit et empathie aidant,

Vous le voyiez comme il est : sombre et beau,

Et que vous sachiez vous glisser dans sa peau…

Hélas ! Plus nombreux sont ceux qui veulent la lui faire, la peau, que ceux qui veulent se glisser dedans par curiosité ou empathie.

Au point que la plupart des mots qui désignent le sanglier selon son sexe et son âge, les différents éléments de son anatomie, et ses habitudes, nous viennent de la vénerie, de triste réputation.

Heureusement, on peut renoncer à la chasse sans renoncer à la beauté des forêts et de leurs habitants, et des mots pour en parler.  D’une part c’est une chance, d’autre part c’est logique : les humains ont tendance à saccager la nature, à faire disparaître la biodiversité ; si on vous dit un jour que les chasseurs sont les meilleurs « régulateurs », écologistes et protecteurs de la nature vous pourrez, vous aurez raison d’émettre quelques doutes. Je suis à votre disposition si vous désirez en savoir plus, et vous trouverez un lien ou deux en bas d’article pour davantage d’information.

Aujourd’hui, un petit poème semé de quelques-uns des beaux mots utilisés pour ces beaux animaux. 

Une autre fois, je vous parlerai de ce vocabulaire

De façon plus terre à terre.

Solitaire, singulier, notre senglier ?

Pas toujours ! Singularis porcus

-- Surtout quand il est encore bête rousse

Et pas encore vieux sanglier, même pas encore quartannier --

Vit volontiers en harde, en compagnie.

Il craint toujours la chasse à courre, à cor et à cri,

La chasse à bruit et tous ces us de vénerie...

Sus scrofa

craint venatio clamosa.

Sus scrofa Linnaeus

A bien raison d’avoir la frousse !

Il risque fort d’être tué

Bien avant d’être vieux sanglier ;

Tué à peine au cinquième de sa vie,

Parfois à peine bête de compagnie

Sans pouvoir assez grandir

Pour ragot ou laie ragote devenir...

Restez sur vos gardes,

Confiez votre harde

À une bonne laie meneuse,

Et gardez votre troupe silencieuse.

Espérez que nul ne repère vos volcelests ni vos laissées,

Qu’aucun chien à votre odeur ne se jette dans vos coulées...

Espérez que vos marcassins à la belle livrée

Pourront s’amuser

et apprendre de leur mère,

Laie suitée,

Tout ce qui est à faire

Dans une forêt : quoi manger,

Quand et comment se raser si elle leur signale un danger :

Voyez-là, hure dressée,

Boutoir en l’air pour mieux humer,

Elle nasille pour le leur signaler.

Les autres bêtes noires, crinière hurée, vrille levée,

Écoutes attentives, sont aussi sur leur gardes.

Par chance, ce n’était rien

Cette fois.

Qu’une bande de daims

Glissant au fond du bois.

Les sangliers redeviennent quiets.

Habillés de soies,

De duvet et de jards,

Ils vaquent, ils fouissent et creusent de leur grès

Une bauge pour leur repos du soir.

Sarah PIERRE-LOUIS.

 

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