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Publié par elsapopin

L'ordre hospitalier de Saint-Jean de Dieu a célébré en 1938, le quatrième centenaire de sa création, celle du premier hôpital auquel on pouvait appliquer alors l'épithète de moderne, et celle du premier asile de nuit.

Celui qui fut à la base de ces initiatives et de ces réalisations connut une existence hasardeuse, tourmentée et romanesque.

Il s'appelait jean Guidad et était né en 1495 sous le ciel du Portugal, à Montemaro-novo. Paisiblement il vivait dans sa famille, lorsqu'un jour, piqué on ne sait par quelle tarentule, il prit la grande route et marcha droit devant lui au hasard.

Il gagna l'Espagne du sud. Comme il était dépourvu de tout pécule et que son jeune estomac hurlait la faim il s'embaucha dans les fermes.

Mais cette existence lui pesait. A ce moment l'Espagne retentissait du fracas des armes et Jean Giudad s'engagea dans l'armée de Charles V.

Il y vécut, il faut bien l'avouer, l'existence d'un soudard,  ne dédaignant pas de participer aux pillages et au sac des villes.

Pourtant peu à peu le remords de ses actes coupables vint troubler son âme. Il abandonna l'armée et décida de retourner au Portugal.

Lorsqu'il arriva dans son village natal il apprit que sa mère était morte et que son père était devenu prêtre.

Il retourna en Espagne, travailla à Grenade et grâce à quelques économies il put ouvrir une petite échoppe de libraire. Un soir il entra par hasard dans la cathédrale. Le célèbre Jean d'Avila était en chaire et prêchait.

En écoutant son verbe sonore, Jean Guidad eut soudain la révélation des nombreuses et lourdes fautes dont il avait chargé sa conscience.

Il se jeta sur le sol, criant à plein poumons tous les péchés dont il s'était rendu coupable.

Les fidèles le prirent pour un fou dangereux. On l'arrêta et on le conduisit dans un asile d'aliénés où il dut subir le traitement en usage à l'époque : les coups de fouet sur les épaules nues.

Stoïquement il supporta ce supplice répété jusqu'au jour où un médecin décréta que la folie avait quitté son corps et qu'on pouvait  lui rendre la liberté.

Pendant ses méditations dans la maison des fous il avait fait serment de consacrer le reste de sa vie au soulagement des malheureux et des malades.

Il rêvait de créer des institutions charitables. Mais l'essentiel lui manquait : l'argent.

Devenu moine il parcourut pieds nus une partie de l'Espagne, recueillant des fonds à droite et à gauche.

Hélas ! Ils étaient bien insuffisants pour lui permettre de réaliser ses projets.

Alors il  décida de frapper un grand coup et de s'adresser au roi lui-même, tâche presque impossible en vérité car on ne voulait pas permettre à ce moine d'approcher l'orgueilleux Phillipe II.

A force de ténécité, il y parvint cependant et le monarque lui donna les sommes indispensables pour édifier un bel hôpital, un confortable asile de nuit et un bureau de bienfaisance.

Et c'est ainsi que Jean Guidad, devenu Saint-Jean de Dieu créa, il y a quatre cent ans , les premières oeuvres d'assistance sociale.

F.Estebe - 13 janvier 1940

 

 *  Portugais, Jean Ciudad fut berger, voyageur, soldat, marchand, avant de se convertir, à 42 ans.
Il créa un hôpital à Grenade et jeta les fondements d'un Ordre de Frères hospitaliers.
Il mourut à Grenade (Andalousie), le 8 mars 1550, victime de son dévouement.
Léon XIII l'a déclaré patron des infirmiers et des malades.

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