Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par philippe Guillaume

Bunuel, jadis, icone des ciné clubs avec Bergman ,Antonioni et Fellini est, tout comme les précités, en dormition.

C'est le moment d'entrer dans le tombeau de cet adepte de la profanation joyeuse. Pourfendeur sarcastique de la civilisation bourgeoise, son oeuvre enjambe l'époque moderne pour renouer avec la tradition médiévale sous les habits d'un surréalisme dont il peut être considéré comme un des fondateurs.

Je vous recommande son tonique recueil de souvenirs à rebours du brevet de respectabilité que certains de ses zélateurs lui avait octroyé.

La période mexicaine est ignorée et les films la constituant  sont considérés comme des besognes alimentaires. S'il n'y avait pas KATY JURADO, " El BRUTO " ne serait pas ce qu'il est.

Celle qui fut une mère et une épouse fidèle et digne dans les westerns ( elle fut aussi l'ex-maîtresse du sherif Kane dans " Le train sifflera 3 fois ") est ici l " enjôleuse " qui donne son titre français à ce mélodrame, la volcanique ibérique qui embrase tout le quartier.

El Bruto est le cid minable de ces bas quartiers qui met ses gros bras au service du vieux barbon de Katy pour terroriser ceux qui refusent l'expropriation. Pourquoi le cid ? Parce que Bruto a tué le père de la jeune vierge qui dans son cœur prend la place de la chaude Katy.

Celle-ci se venge et, après le lynchage de el Bruto, se retrouve face à un coq ! Coq qui fit beaucoup parler de lui à l'instar de ces deux morceaux de viande montrés en contrepoint des ébats, ou de cette Vierge trônant à l'entrée des abattoirs.

Ces images donnent lieu à bien des interprétations et c'est pour cela que la relecture de " Mon dernier soupir " s'impose. Bunuel y réaffirme face aux différents courants en " isme " dans lesquels on a voulu l'embrigader la facétieuse et insolente puissance du fantôme de la liberté...

(1)Mon dernier soupir 1982 de Robert Laffont    

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article