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Publié par elsapopin

 

Num-riser0064.jpgIl était une fois, vraiment si insignifiante à l’échelle du temps sidéral qu’elle se focalisait sur un microscopique petit point, dans l’immensité de l’espace-temps…. Plus précisément au royaume des tout petits courts en jambes et lorsque l’on zoomait sur la carte, par rétrécissements successifs, nous en arrivions à aborder la province étroite, de tous côtés, de l’infiniment petit.

Là, en son beau milieu, rayonnait la plus minuscule des capitales provinciales du royaume des tout petits courts en jambes, la bien nommée : « faites attention de ne point m’écraser ! »

Son patronyme lui venait de son illustre  fondateur, le Comte  Raz-mottes, qui s’était vu glorifié lors de la bataille des deux mondes.

L’infiniment grand avait voulu en découdre, une fois pour toutes, avec son contraire, l’infiniment petit, histoire de l’avaler définitivement.

Quant au juste milieu, il ne s’en mêlait pas, il demeurait neutre.

Notre valeureux Comte Raz-mottes, garant de l’insignifiance du centre de toute chose, s’était écrié, au beau milieu de la bataille : 

« Prenez garde, faites attention de ne point m’écraser ! »

« Pourquoi donc ? » lui répliqua, le Comte géantissime, ultime garant de la prévalence de la périphérie.

Profitant de l’effet de surprise et de l’infinitésimal espace-temps que provoque toute question bête, notre brave Raz-mottes, du bas de l’insignifiance de son centre, avala le géantissime garant de la périphérie, pour le chier en un pet légendaire, aux confins de l’univers.

Dès lors la périphérie, se tint à bonne distance et le centre retrouva ses prérogatives d’insignifiant moteur immobile où pourtant, tout gravite en principe.

Pour le remercier de cette bravoure, le Roi des tout petits courts en jambes, « Plus haut que moi tu meurs 1er », concéda le centre de toute chose à notre illustre héros, le Comte Raz-mottes.

Dès lors, ce dernier y fonda notre minuscule capitale provinciale, la bien nommée « Faites attention de ne point m’écraser »

Une fois, ce préambule indépassable, il ne nous reste que les miettes d’une situation vague, d’un hypothétique : « Il était une fois »

Eh bien, pour faire court, commençons !

Il était une fois pour toutes, en ce même village de « Faites attention de ne point Num-riser0065.jpgm’écraser », au temps du Roi, « Plus haut que moi tu meurs, 33 ème du nom », un minuscule binôme, le couple Raz-mottes, descendant de l’illustre Comte du même nom.

Paysans cultivateurs de légumes nano-écologiques, de leurs états d’êtres, ils vivaient plutôt heureux matériellement, sur leur micro-conté, vague lopin de terre nourricière, de la minuscule capitale provinciale, la bien nommée « Faites attention de ne point m’écraser »

Les Raz-mottes, la mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », vivaient petitement du travail de leurs petites menottes, à remuer les millimètres carrés, de leur petit lopin de terre cultivable.

L’autosuffisance ne leur rapportait rien de gros, en surplus, juste à peine plus de quoi vivre tout simplement. Ne possédant à peine  plus que du néant, ils se sentaient heureux en extérieur.

Mais en intérieur, beaucoup de pleurs les noyaient dans un verre d’eau d’amertume.

Il faut dire que du haut de leur  petitesse de conditions, dépeintes en  paysans heureux, aucune vision d’enfant ne venait à poindre en leur bas horizon de destinée.

A hauteur d’un  ciel d’avenir radieux, les nuages d’infertilité venaient ternir leurs certitudes rayonnantes de descendance directe.

Pourtant leur amour, trop grand pour la petitesse de leur sort, ne manquait pas pour pouvoir illuminer définitivement leur petite vie et estomper cette ombre au tableau des généalogies, si indéfinies soient-elles.

Cette préoccupation d’absence d’état parental prenait trop d’ampleur et réduisait petit à petit, en une accélération croissante, l’espace qui les séparait du temps où viendrait l’incontournable petit sot, dans le grand vide de l’envers de la vie.

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », tout simplement se morfondaient en leur intérieur, du soir au matin et leur labeur quotidien devenait petit à petit, chagrin, sans que rien n'en transparaisse à l’extérieur.

N’étaient-ils pas, au regard de leur ascendance, les derniers garants de l’insignifiance du centre de toute chose ?

Num-riser0070.jpgSi leur absence de descendance perdurait, le risque d’une nouvelle guerre avec les belliqueux garants de la prévalence de la périphérie, planait sur le royaume des tout petits courts en jambes.

Il en serait fini de la prérogative harmonieuse, du centre sur la périphérie !

De plus, tous les biens non consommés par la descendance directe, de toute famille des tout petits courts en jambes devenaient, par décret royal, la pâture naturelle des appétits d’oiseaux du royaume.

Les Raz-mottes ne rechignaient aucunement au partage communautaire, le plus insignifiant soit-il, mais ne point pouvoir nourrir, en becquée directe, ce qui les mangera par suite de la microscopique métamorphose biologique, de tous corps mortels, cela les désolait vraiment, ceci par simple atavisme naturel.

Leur voisinage, aux longues langues peureuses, bien pendues, commençait à murmurer fortement, en médisances et, qui plus est, dans leurs dos.

Le couper court, aux petits pas de la rumeur, s’imposait !

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », un petit matin blême d’hiver, prirent leur courage à deux petites menottes et s’en allèrent demander audience, auprès de la précieuse petite sagesse du Roi « Plus haut que moi tu meurs, 33 ème du nom », dans la capitale du royaume des tout petits courts en jambes, la bien nommée : « Pas besoin de courte échelle chez nous ! »

A la courte vue de leur état de nobliaux du royaume des tout petits courts en jambes, le couple Raz-mottes fut reçut en minuscule pompe, séance tenante, par leur seigneur et maître, le Roi « Plus haut que moi tu meures, 33 ème du nom »

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit » exposèrent, à la sagesse du souverain, de la manière la plus brève mais concise, leur tourment intérieur, qui  plus est, tel un battement d’aile de papillon, menaçait la fragile paix du royaume des tout petits courts en jambes.

Par la fulgurance de sa réflexion, le Roi « Plus haut que moi tu meurs, 33 ème du nom », leur tint ce langage de sagesse :

« Aussi infertiles que vous soyez, rien ne vous empêche d’adopter une descendance, je vous Num-riser0063.jpgl’ordonne, expressément, solennellement, pour l’innommable préservation de la fragile paix du royaume des tout petits courts en jambes. Faites donc et demeurons en paix »

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », ne purent que s’incliner plus bas que terre, en remerciement de la sage réponse, tombant en sentence royale, de la petite bouche, de leur seigneur et maître, le Roi « Plus haut que moi tu meurs, 33 ème du nom »

Le comte et la comtesse Raz-mottes, de leurs petits pas trottinant, en une lenteur extrêmement rapide, gagnèrent en un seul bond, l’officine des adoptions.

Là, l’agent « pas plus haut que trois pommes » leur signifia, que le stock, épuisé par les incessantes petites demandes qui font les grandes pénuries, les disposait à l’unique choix de l’adoption d’une grande taille et que tout rêve, aussi insignifiant soit-il, de pouvoir adopter une petite, voire une moyenne taille enfantine, orpheline, voir abandonnée ou placée, demeurait un songe creux pour eux.

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », de leurs petits yeux malheureux, se jaugèrent et d’une seule fluette petite voix, s’écrièrent :

« Qu'importe le qu'en dira-t-on, au vu de cette taille, nous l’adoptons ! »

Une femme beaucoup trop grande pour leur préséance parentale, leur fut malgré tout confiée.

En leur for intérieur, ils auraient plutôt préféré une femme beaucoup trop petite pour la bonne mesure de leur devoir nourricier.

Chacun de son côté, la mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », prit par la petite menotte bienveillante, la grande paluche obéissante de cette femme beaucoup trop grande, pour être leur progéniture incontestable.

Ainsi vont les chemins de l’adoption charitable.

058.jpgTous trois, ils regagnèrent, un clair soir d’hiver, en un seul bond géantissime, la capitale provinciale du royaume, la bien nommée : « Faites attention de ne point m’écraser ! »

Par la grâce agile des grandes jambes de la nouvelle enfante, future comtesse Raz-mottes, la bien nommée : « Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel », ils furent vite rendus à destination.

Par bonheur, la nuit fut propice à la discrétion de leur arrivée.

Si de visu, le voisinage aux longues langues peureuses bien pendues, en était venu à croiser cet insolite trio dépareillé, il aurait pu s’alarmer d’une quelconque trahison de la part de leurs voisins, pourtant derniers garants de l’insignifiance du centre de toute chose.

A leur vue inquiétante, le voisinage aux longues langues peureuses bien pendues, aurait pu sonner l’alarme d’une soudaine invasion de la part des belliqueux garants de la prévalence de la périphérie.

Et gare à eux, il aurait pu leur en cuire !

Ouf ! Au creux du silence nocturne, aucune âme ne semblait avoir décelé leur insolite présence.  

« Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel », semblait lire, à cœur ouvert, le tourment des ses nouveaux parents.

« Rassurez-vous, je saurai user de discrétion et de miracle pour vous rendre la vie légère, comme la caresse d’une plume duveteuse et vous procurer la promesse d’un bonheur familial légitime »

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », au fil de cette affirmation, rassurante, aimante, retrouvèrent leur légendaire sérénité de cœur aimant, en qualité, malgré les apparences, de jeunes vieux parents.

Effectivement, cette femme beaucoup trop grande pour la vie du royaume des tout petits courts en jambes, pour faire honneur à l’amour naissant, de la part de ses parents nourriciers, les braves Raz-mottes, usa de tous ses prodiges miraculeux pour leur faciliter la vie.

Chaque fois qu’elle sentait un regard indiscret se poser sur elle, « Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel » usait d’un stratagème fait d’illusions d’optique, ce qui donnait l’impression au scrutateur voyeur de voir quelqu’un s’enfoncer dans le sol.

Par sa taille démesurée, elle venait à bout de nombreuses tâches domestiques, du IMGP1348[1]travail des cultures maraîchères, des déplacements… tout ceci en en un clin d’œil.

Pour le bonheur de la communauté, les productions légumières nano-écologiques se multiplièrent à profusion. Chacun mangeait sainement à satiété dans le royaume des tout petits courts en jambes.

Le voisinage retrouva des langues confiantes, toujours bien pendues, mais chantantes de louanges, vis-à-vis de la mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit »

A force, de s’enfoncer dans le sol nourricier de « Faites attention de ne point m’écraser ! »,

« Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel » prit racine.

L’amour parental fit le reste, bientôt elle n’eut plus à coucher dehors, étalée de tout son long, le dos rond, pour singer quelque mont.

Un beau matin de printemps, « Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel » nourri exclusivement de légumineuses nano-écologiques et souvent enracinée dans cette terre nourricière, se réveilla du haut sa démesure, charpentée telle qu'à l’inverse de sa grande taille.

Elle incarnait une toute petite jeune femme aux proportions lilliputiennes harmonieuses, de grande beauté, jamais égalée en ce royaume des tout petits courts en jambes.

La mère « Plus basse qu’un orteil gauche » et le père « Pas plus haut qu’un pouce droit », épris d’amour, purent pour la première fois, serrer contre leurs grands cœurs nourriciers cette enfant, leur fille prodigue, devenue petite, mais légitimement de taille avec leurs espérances rêvées.

La nouvelle d’une future reine de beauté se propagea du centre jusqu'à la périphérie du royaume, voire de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

De multiples prétendants, petits et grands, se présentaient à la petite porte de l’humble demeure, de la brave famille Raz-mottes, mais en vain, car les prérogatives neutres du juste milieu se devaient d’être respectées.

A l’aube d’un jour de solstice d’été, une très beau jeune homme, de taille moyenne, vint à séjourner dans la capitale provinciale du royaume, la bien nommée : « Faites attention de ne point m’écraser ! »

Chacun s’interrogeait sur sa présence, qui était-il, d’où venait-il, que voulait-il ?

Il se prénommait : « Ni trop court pour l’amour, ni trop grand pour singer l’amant », prince du royaume, du « juste milieu, toujours neutre », il cherchait simplement l’amour, qui rime avec toujours !

« Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel », comme de coutume, s’en alla au champ, cultiver son lopin de terre, portant le vêtement corporel, de la taille moyenne, pour l’occasion.

Num-riser0060.jpgMiracle oblige, rien n’était enlevé à sa beauté !

« Ni trop court pour l’amour, ni trop grand pour singer l’amant », le beau jeune homme de taille moyenne et « Plus haut que la cime des arbres, tu demeures au ciel » la belle jeune femme revêtue de taille de moyenne, tombèrent nez à nez et même bien plus, puisque à cette heure ou je vous parle, leur amour brille encore au firmament!

Les noces, de ces deux-là furent célébrées par tous les royaumes, du plus infiniment petit jusqu’au plus infiniment grand, sans omettre celui du juste milieu !

Jusqu’à présent la paix demeure, en cet univers du centre à la périphérie, par la grâce du rayonnement amoureux du juste milieu.

 

Fin.

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