Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Ph. Guillaume

" Diriger George Raft et Wallace Beery s'avéra aussi difficile qu'essayer d'empêcher un lion et un tigre de se battre "(1) mais leur rivalité déboucha sur une estime mutuelle et ne pouvait que nourrir celle de leurs personnages Steve Brodie et Chuck Connors.

Ces deux-là s'affrontent loyalement dans l'East side new yorkais des " gay nineties " dont l'épicentre est le fameux cabaret Mc Gurk reconstitué en studios au nombre de tables et de chaises près !

Sur scène, se produisent des " girls " replètes aux formes généreuses affectueusement baptisées par Walsh "Troupe de la viande ". Que ces " gommeuses ", coiffées de chapeaux aussi larges que sont courts leurs virevoltants jupons, ne ressemblent en rien aux danseuses stéréotypées du " Crazy horse " ne me gêne nullement ! Bien au contraire ! Et j'aime les entendre entonner gaillardement " TARABABOOM DI HAY "créée en 1889 par Miss Lottie Collins dans un caf conc mal famé de White Chapel(2).

Cette tonitruante chanson aux paroles délicieusement ineptes assura la gloire de Polaire et se transforma en " danse de la bombe atomique " après la seconde guerre mondiale.

" taraba...BOUM..C'A Y EST ! la bombe a explosé et ..hop..on envoie littéralement la cavalière en l'air...                        

La rivalité Brodie -Connors et les rapports qu'ils entretiennent avec le sympathique Gavroche Jackie Cooper et la belle Fay Wray s'insèrent dans une fresque unanimiste bourrée de détails et d'anecdotes authentiques. Fay, plus que légerement vêtue à la maison, porte à la plage le costume de bain complet des " bathling beauties 1900 ", le roublard Brodie organise un combat de boxe avec un challenger masqué qui se révèlera être le célèbre champion John L.Sullivan, Carrie Nation, l'évangéliste du Kansas, à la tête de ses harpies prohibitionnistes, brise verres et bouteilles avec une efficacité qu'envieraient nos hygiénistes contemporains, ,de malheureux chinois poussent des cris désespérés dans leur baraque en flammes tandis que l'intervention des équipes rivales de pompiers volontaires s'achève en pugilat homérique.....

Steve Brodie, après avoir plongé du Brooklyn Bridge (40m !), devint célébrissime et bien que son exploit fût contesté, il appartient à la légende de New York.

Ici, la légende du tournage va rejoindre par la voix et la plume de Walsh celle de l'East side. Après un voyage de 500 kms vers Brooklyn, Walsh, incorrigible blagueur et fabuleux conteur, fit croire à Raft que, sa doublure s'étant dégonflée, il allait devoir lui- même faire le grand saut. Qu'à cela ne tienne !Au pied du pont on vit le " vrai dur " qu'était Raft " Si j'avais dit " saute ! " il aurait obé i".........  

A  la fin du film, la fresque du Bowery s'élargit aux dimensions de l'Histoire américaine. Connors et Brodie, soldats de fortune, partent reprendre Cuba aux Espagnols. Il y a fort à parier qu'on retrouve leurs traces en scrutant attentivement la toile de Frederic Remington qui immortalise la charge des " rough riders " de Teddy Roosevelt à San Juan Hill..                                              

Gouailleuse et tumultueuse, turbulente et paillarde, cette épopée populaire concentre l'énergie, la santé et la bonne humeur qu'on trouve aussi dans les aventures dessinées de Popeye, Lil Abner et Betty Boop.... TARAA ...BABOUM ..YOUPI....!      

(1)Raoul Walsh:"UN DEMI-SIECLE A HOLLYWOOD"Ed.CALMANN LEVY(1976)

(2)ROMI"Gros succès et petits fours"ed Serg 1967              

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article