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Publié par serge granjon

Hôtel de Ville : l'horloge du dôme

  L'hotel de ville

 

LE CADRAN MUNICIPAL PASSA LE PLUS CLAIR DE SON TEMPS A RATTRAPER OU A DEVANCER L'HEURE. EN 1928 ON SE PLAIGNAIT ENCORE DE SES ECARTS, DEVENUS LEGENDAIRES. UN COMBLE POUR UNE HORLOGE PROMUE REGULATRICE.

 

 Au alentours de 1850, il se trouvait sertie sur la façade de l'Hôtel de Ville, au milieu de l'attique, une horloge  autrement dénommée  un cadran circulaire. Il aurait malgré tout fallu un état d'euphorie délirante pour la qualifier de monumentale

beaucoup lui trouvait des proportions mesquines, parfaitement indigne d'un édifice trapu sans doute, mais qu'une harmonie rigoureuse rendait quasi majestueux. Et si, inspiré par son Italie natale, l'architecte l'avait doté de colonnes toscanes, pourquoi ne pas y ajouter un dôme florentin ?

 

STATUES SAGES

C'est ce qu'imagina Etienne Boisson, le nouvel architecte en titre de la ville. Ainsi la mairie devint un peu Chambord plaqué sur Villandry, bien sûr, toutes proportions gardées....Au fait, en l'occurrence, le furent-elle vraiment ? Car l'ensemble formé en 1859 par la coupole et la lanterne sembla une énorme carapace, qu'il faudrait supprimer près d'un siècle plus tard, lorsqu apparurent des signes de faiblesse.

Mais qu'importait, dans l'instant présent ? Saint-Etienne désirait un beffroi à sa mesure, comme au temps de ces cités flamandes que venait d'enrichir le commerce du drap. D'ailleurs, ici, c'était un peu le cas, à l'etoffe près, puisque la soie y remplaçait la laine, à l'arme et au charbon. Il lui fallait une tour qui indiquât les heures, dotait d'un lourd bourdon qui rythmerait les jours avec sa voix venue du fond du campanile.

C'est alors que l'on vit apparaître l'horloge aux airs de pendulette, provisoirement remplacée, pendant la construction du dôme, par une autre, électrique, et beaucoup plus légère. Puis en 1860 fut commandé un modèle d'une mécanique traditionnelle, à un fabriquant d'horloge de clochers à Morez, dont le maire attesta " L'habileté et la ponctualité consciencieuse.

A peine installée et bientôt retirée, elle s'en revint vers la fin novembre 1864, agrémentée de deux figures allégoriques sculptées de par et d'autres du cadran. Elles étaient conçues par Etienne Montagny, le descendant d'une lignée de graveurs stéphanois devenu l'élève de Rude. Il arriva tout exprès de Paris pour juger de l'exécution de son oeuvre et mettre la dernière main à ces deux  statues de fort belle apparence, hautes de plus de trois mètres.

l'une, pour symboliser le jour, avait pris les traits d'une belle jeune fille au torse hardi et vigoureux. Et sa robe à la draperie tombante, dévoilait à demi une poitrine généreuse. Surprise en plein réveil, elle s'étirait avec grâce, jouant des mains d'une guirlande de fleurs, qui ajoutait encore à sa fraîcheur.

Une femme dans la force de l'âge personnifiait la nuit. Sa pose abandonnée et ses bras repliés derrière la nuque indiquait le repos. Ses paupières baissaient laissaient supposer le sommeil, pas davantage toutefois que la méditation soucieuse accompagnant l'ombre du soir.  Elle portait au front de insignes symboliques :  une étoile un croissant.

Chacun dut cependant patienter quelques jours supplémentaires pour voir tomber l'échafaudage qui dissimulait  les deux cariatides. Enfin le 7 décembre 1864 le voile se leva sur l'horloge désormais encadrée de galantes personnes. Hélas à cette hauteur, il fallait presque lorgnette pour apprécier en détail leurs émouvants appas.

Et, plus grave encore, hormis aux regards libertins, se distinguait très mal le jour de la nuit. leurs joindre des attributs expressifs apparut necessaire. Alors, comme dans une secrète alcove, le voile retomba jusqu'au printemps suivant sur leur alléchante beauté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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