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Publié par S.Granjon

 


 

« Pendant que nous en sommes encore à délibérer s’il est bon ou mauvais qu’un tramway soit établi chez nous, voici ce qu’on fait à Londres : on songe à appliquer la vapeur aux tramways qui fonctionnent depuis plusieurs années », déplorait déjà le Mémorial de la Loire du 14 mai 1874.

 

Or, question vapeurs, il n’était pas dit que le journal n’en éprouvât pas, pris d’un accès de bile noire. Peu suspect d’anglomanie, il pouvait bien jeter des regards envieux vers le Rhône. Car, en pionnière, dotée de bateaux-mouches, Lyon ne jouait pas…la mouche du coche. Pour preuve, lorsqu’au mois de février, l’un de ses ingénieurs adressait aux Stéphanois un nouveau projet de tramway. C’était la première fois que leur était proposée « la traction par des chevaux, ou par de petites machines à vapeur ».

 

Une loco de camouflage

 

Le lundi 25 octobre 1875, le Mémorial de la Loire revint à la charge. Il présenta la dernière locomobile pour tramways, expérimentée à Bruxelles.

Le moteur, enfermé dans une banale caisse de voiture, ne se rendait visible que par la saillie discrète d’une cheminée. Elle émergeait si peu de l’impériale, avec 50 cm de hauteur.  

Dissimulées par des panneaux et un châssis très bas, quatre roues supportaient la machine.

D’une chaudière inexplosible, jaillissaient seulement quelques bouffées de vapeur blanche. Le foyer, grâce à du coke ordinaire, ne produisait en effet que des gaz imperceptibles. Ainsi les chevaux croisés par la machine lui manifestaient peu d’attention. 

Le journal rendait hommage à cette découverte, appelée à devenir « le complément indispensable des tramways, non seulement dans les villes, mais plus encore peut-être dans les relations de banlieue ».

L’article allait se révéler prémonitoire à plusieurs titres. Sur une foule d’autres candidats, Auguste Mundel, entrepreneur parisien de travaux publics, emporterait la concession des tramways stéphanois. Si deux décrets en 1879 et 1880 déclaraient d’utilité publique leur création de Rive-de-Gier à Firminy, ils spécifiaient « à traction de chevaux ».

Or, dès 1876, Mundel estimait qu’ « il n’en est pas de même pour les tramways devant desservir les banlieues. Avant peu, des essais de nouvelles machines donneront les résultats les plus satisfaisants ».

Automne 1881. Une machine chauffée au coke pour limiter les fumées, à chaudière dissimulée, avec une courte cheminée, était mise en circulation dans Saint-Etienne et l’agglomération.

 

Si la ville avait longtemps hésité à s’équiper d’un tramway, elle ne s’en tenait pas à une demi-mesure. D’emblée elle se livrait à la traction, autant qu’à…l’attraction mécanique.

 

 

 

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