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Publié par s. Granjon

 Le Duc de Persigny : Portrait d’un ministre

 

 

 

 

Dans le salon du Cercle des Arts et du Commerce, la décoration se faisait remarquable. Même si les autres pièces en étaient pavoisées, illuminées par la magie du gaz qui embrasait chaque branche des lustres monumentaux, il revenait au Grand Salon une splendeur particulière.

Il la devait à l’immense table ovale qui croulait sous les fleurs, et surtout au buste de Napoléon III, encadré de draperies galonnées d’or, que surmontaient de gigantesques trophées.

Au pied du plus vaste immeuble de Saint-Etienne, la musique du 68éme, regroupée sur la place de  l’Hôtel de Ville, se mit à jouer l’air de la reine Hortense, lorsqu’un visiteur de marque, entouré de notables empressés, pénétra sous l’imposant portail.

La nuit tombait presque à l’instant. Comme un ballet d’ombres parfaitement réglé, des silhouettes se pressaient derrière les fenêtres : M. de Persigny venait d’entrer au grand salon, pour la soirée que le Cercle donnait en son honneur.

La veille, le lundi 23 août 1858, il avait ouvert la session du Conseil Général de la Loire, dont l’Empereur l’avait nommé président. Il fit un long discours, dans lequel il justifia son attachement aux Bonaparte, «  dynastie populaire, sortie des entrailles de la Révolution…il ne suffit pas qu’en France la dynastie soit chère aux hôtels du faubourg Saint-Germain, mais avant tout dans la chaumière du peuple, dans les champs et les ateliers.

Monsieur de Persigny rappela qu’il était un enfant du pays. Le 11 janvier 1808, il naquit en effet à Saint-Germain l’Espinasse, village du Roannais. Il ne connut pas son père, mort en 1812 dans la légion qui combattit en Espagne. L’homme était aussi résolu que désargenté. Il eut des épousailles après un rapt à la hussarde : l’escalade d’un balcon et une fuite à cheval lui permirent d’enlever la femme de son choix.
De lui l’enfant hérita la ténacité et le goût de l’aventure teintée de romanesque.

Il fut élevé dans l’attachement aux Bourbons, qu’il tenait pour l’essentiel du côté de sa mère, dont Louis XV avait anobli la famille. Mais il s’ouvrit au bonapartisme lorsqu’un cousin, ancien sous-préfet de Napoléon Ier, lui conta des fragments de la grande épopée.

Admis au collège de Clermont, il y resta peu car sa mère était demeurée sans ressources. Alors il s’engagea dans la cavalerie de Saumur. Mais il s’adapta mal aux rudesses des corps de garde. Sa participation à la révolution de 1830, aux côtés d’un capitaine républicain, parut suspecte au gouvernement de Louis-Philippe et il fut rayé des cadres de l’armée.

LA RELIGION NAPOLEONNIENNE

Il revint en Forez, retrouva son cousin qui l’accueillit chez lui. Il lui offrit, cette fois, toute une fresque de l’Empire à travers d’innombrables récits : la vie des maréchaux, les marches triomphales au son du tambour, la légende de l’Aigle, cloué sur son rocher, et grandi par l’épreuve.

Epris de romantisme, le jeune homme l’écoutait, frémissant d’émotion. Plus tard il écrirait : « je ne suis pas membre du parti bonapartiste. Je suis de la religion napoléonienne ». Avant de se dévouer à ses princes, il se consacrait d’abord à «  un principe qu’ils portent en eux, dont ils ne sont pas maîtres ».

Il voulut alors fonder une revue « L’Occident français », à la gloire de l’Empereur. Elle ne parut qu’une fois, mais elle lui permit d’entrer en relation avec le prince Louis-Napoléon, qui en était le neveu.

Dès lors, le bouillant Persigny œuvra sans relâche pour l’installer sur le trône. Il tenta en vain de soulever un régiment à Strasbourg, et un autre à Boulogne, pour renverser Louis-Philippe. Le succès s’annonça lorsque Louis-Napoléon fut élu président de la deuxième République.
Puis vint le coup d’état du 2 décembre 1851, contre l’Assemblée royaliste, et le plébiscite un an après, qui rétablit l’Empire.

Napoléon en sut gré à celui qui, à force d’acharnement, l’avait élevé au pouvoir : il le nomma membre de son conseil privé, ambassadeur en Angleterre, ministre de l’Intérieur, le fit grand officier de la légion d’Honneur et duc de Persigny… jusqu’au jour où sonna l’heure de la disgrâce. Après avoir longtemps hésité, l’Empereur avait cédé à son entourage, à commencer par l’Impératrice Eugénie, qui l’engageait à renvoyer le turbulent ministre.

UNE DEVISE : SERVIR

Le duc de Persigny était honnête, rigoureux et fidèle. Mais il se montrait nerveux, impulsif, et se supportait pas la contradiction. En somme, un portrait à l’opposé de l’Empereur, qui savait garder son calme en toutes circonstances. Il conservait un visage impassible qui ne trahissait jamais le moindre sentiment.

A leurs caractères foncièrement opposés, étaient venus, au fil des ans, s’ajouter les différends qui avaient lézardé les accords anciens. Persigny avait essuyé un échec en voulant faire épouser à Louis-Napoléon une princesse allemande, car celui-ci avait déjà choisi l’Espagnole Eugénie de Montijo.

Lorsque vint le temps de cabales, les membres du gouvernement réussirent à faire retirer à leur ombrageux collègue le ministère de l’Intérieur.
Ambassadeur à Londres, Persigny entra en conflit avec son supérieur, le ministre des Affaires Etrangères. Son caractère entier, obstiné, répugnait aux concessions. Il avait pour habitude d’agir sans craindre qui que ce fût,  pas même l’Empereur en personne.
Jusqu’au bout il resta un personnage fier, farouche et susceptible, qui se cabre et se rue.
Sa loyauté pourtant incite à pardonner cet abord difficile. Tout au long de sa vie, un double souci guida sa conduite : l’intérêt de la France et de la dynastie.

Photos : 1 Duc de Persigny, 2 Napoléon III

 

 Le coup de gueule de Pierre thévenin

La députée UMP Chantal Brunel, ancienne porte-parole de la majorité, celle qui avait cité comme mesure sociale de la droite la suppression de la peine de mort, vient encore de faire parler d'elle :

 Elle a proposé de remettre les migrants d'Afrique du Nord dans leurs bateaux.

 A force de raconter des conneries, elle va finir par faire de l'ombre à Sarko!

 

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Commenter cet article

rosae68100.over-blog.com 10/03/2011 16:12



Article très intéressant, j'ai appris et j'ai aimé  Amitié  dominique



harry-l-blackbird et elsapopin 11/03/2011 00:48



merci beaucoup il est vrai que ce Saint-Etienne du second Empire est très interessant et que Serge sait admirablement le faire revivre amitié elsapopin