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Publié par Philippe Guillaume

 

Avant les doctes et pertinentes études consacrées au sujet, l'expérience du lecteur-spectateur avait tranché. Qu'importe le flacon pourvu qu'on éprouve l'ivresse de l'aventure ! Bande dessinée et cinéma, c'était du pareil au même. Faute de fréquenter les salles, je me faisais mon cinéma en ouvrant chaque semaine " Le journal de Tintin " pour retrouver la suite des aventures de Ric Hochet, Chevalier Ardent, Michel Vaillant...Les récits dessinés se nourrissaient des souvenirs cinématographiques de leurs auteurs tant dans le choix des thèmes que dans la manière de raconter.  Aussi ai-je été atterré devant le scandaleux traitement infligé à " Michel Vaillant " à l'écran dans les années 2000 car plutôt que de se limiter à filmer des courses automobiles sur fond d'esthétique pub, les auteurs auraient été mieux inspirés en adaptant le meilleur album de la série : - , que je relis régulièrement sans me lasser, fasciné par son pouvoir d'évocation .

Certes, cet album est atypique, il y est peu question de course, il constitue une parenthèse au sein d'une série dont l'intérêt s'émoussa par la suite et qui ne renoua jamais avec le néo-gothique et le fantastique ( même dans " Le fantôme des 24h " ).

Ils sont sept, comme les mercenaires, invités à quelques lieues du circuit de Nürburgring, dans cet impressionnant château médiéval, qu'on découvre dans la brume après avoir traversé une lande des plus terrifiantes. Et, un par un, dans la tradition des " Disparus de St Agil " et des " Dix petits indiens ", ils seront enlevés, séquestrés dans une crypte par un chevalier fantôme flanqué de deux sbires cagoulés comme des bourreaux.  ( dessin : Michel Vaillant )

On est étonnamment présent dans ces lieux qui livrent les indices au compte- gouttes. Une chambre de la tour dont on a retenu un détail imperceptible, un dépôt de bois dont la torche fixée au mur est légèrement penchée et guide vers l'anneau faisant pivoter le panneau secret ( occasion d'insister sur la psychologie de Vaillant, le boy-scout, qui ne manque jamais de redresser ce qui est oblique !! ).

Le château est la propriété du chimiste Spanderberg, hobereau qui par vanité et snobisme invite les pilotes. Si l'enlèvement de Jorgensen le tracasse c'est parce qu'il a eu lieu CHEZ LUI, celui de Van Ham sur le circuit le laisse indifférent. James Mason se serait glissé sans mal dans la peau de ce personnage qui incarne  la captation bourgeoise de l'idéal aristocratique. Un peu comme les pilotes, " chevaliers des temps modernes " déconnectés d'un monde traditionnel qu'ils jugent avec ironie , distance et surtout une insupportable bonne conscience.

 

Le chevalier fantôme, pour l'Américain Warson, va à "carnaval" et la signification profonde de sa mise en scène lui échappe. Comme dans les grands classiques de l'aventure nous sommes libres d'éprouver de la sympathie pour les "bons" ou pour le "méchant", ou encore pour les deux... La mienne va à ce descendant des Königsfeld, dont la fierté cause la perte, ce négociant en vin décidé à venger l'humiliation de son ancêtre.  ( dessin : les chevaliers de Königsfeld )Le récit qu'il fait en "flash back" (encore un lien avec le cinoche !) n'est pas anodin. L'ascendant du fantôme a été humilié sept fois par les seigneurs voisins et ce, parce qu'il se montrait trop faible avec ses serfs, rossé et désarçonné par ces sept chevaliers dont les pilotes sont l'incarnation moderne. Eux aussi ont vaincu "l'orgueil" de celui qui demandait réparation et que j'aurais bien vu sous les traits de George Sanders....

Pour finir et maintenir cette rubrique dans le cadre du cinéma et de la  télé, Michel Vaillant n'a pas eu plus de chance avec la série de 1967, couverte par le vrombissement des moteurs, constituée d'images le plus souvent floues, cadrées de traviole. On avait eu aussi la mauvaise bonne idée de donner les rôles principaux à des pilotes qui évidemment jouaient comme des pieds. Ah ! si on  me demandait plus souvent mon avis...

Pour les fans voici quelques sites consacrés à Michel Vaillant et à son créateur Jean Graton

Site fan club Michel Vaillant cliquez sur link

Biographie Jean Graton cliquez sur link

Le journal de Tintin cliquez sur link

 

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