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Publié par Ph. Guillaume

Robert Benayoun qui ferrailla tant en faveur de Jerry Lewis évoqua un jour le "mal-être douillet" à même de vous rendre gourmand des grippes providentielles de l'enfance durant lesquelles l'auteur de "Bonjour Monsieur Lewis" dit avoir lu les livres-clés de sa vie.

C'est une de ces grippes qui me cloue au lit et fait de moi l'émule de "Little Nemo in Sumberland" devant un des meilleurs films du tandem Lewis-Martin, signé Frank Tashlin. Un film en parfait accord avec la situation d'un gamin qui redoute de grandir, paniqué devant le monde des adultes et la gent féminine.

 La chanson du générique nous introduit douillettement dans une apologie du pop art. Est-il nécessaire de déranger Michel Serres pour qu'il nous explique, comme il l'a si bien fait avec Hergé, l'implosion des arts traditionnels sous les assauts de Raymond Lowry, Norman Rockwell, et des DC comics ? 

Dans un Greenwich Village bariolé de technicolor, où les filles bronzent sur les toits dans une ambiance de bohème rendue acceptable par l'amitié, Dorothy Malone et Shirley Mc Laine jouent de leur ligne de hanche et exhibent des jambes superbement gainées de collants noirs.                                             

Déjà, la BD triomphe et influence l'esthétique publicitaire. Une fumée menaçante s'échappe des lèvres vermillon d'une pin-up géante mais c'est aussi au creux de la gueule de cette matriarcale Moby Dick que Jonas-Jerry trouvera refuge.

Normal qu'il soit attiré par la fille costumée en "Batgirl" et normal également que la même tenue de dominatrice soit endossée par la perfide Lady X, espionne, guerre froide oblige, violant et détournant les rêves les plus intimes de Jerry au profit des sales gueules dont elle est l'égérie.

Surprise dans la chambre de nos amis, elle s'entendra d'ailleurs appelée "Maman" par Dean Martin... La fausse Batgirl attire Jerry dans un château gothique et commence une merveilleuse revue, un show tonitruant agrémenté d'EXCELLENTES chansons et d'EXCELLENTS numéros digressifs. 

La BD américaine et ses super héros (Batgirl et Vincent LE VAUTOUR) se marient avec le classicisme belge des aventures de Barelli, de Bob, de Moor. Après avoir neutralisé les espions et laisser le FBI se dépatouiller avec eux, Dean et Jerry rejoignent la scène du bal des 4zarts avec leurs promises respectives.

Face aux excès pervers suggérés par la vamp Eva Gabor, Shirley, pétillante et coquine, est un choix judicieux. 

 

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