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Publié par elsapopin

Je tenais la version de 1941 supérieure à celle-ci : le maquillage de Spencer Tracy moins caricatural que celui de March, l'interprétation d'Ingrid Bergman masochiste sadisée à satiété...mais si on revoit avec attention le Mamoulian, on hésite à hiérarchiser.

Le film date de 1932, cette fameuse période d'avant le code Hays dont on reparle beaucoup aujourd'hui. L'époque de " Tarzan et sa compagne ", " Le signe de la croix ".

Dans ce " Jekyll " Myriam Hopkins se glisse nue dans son lit, une jambe pendant hors des draps, une image qui ne hante pas que le bon Jekyll

!! Hyde ne mène pas une double vie hors celle de Jekyll, il réalise ce que le puritanisme du docteur lui interdit. Ce lien trouve son point culminant dans la scène où Ivy vient se plaindre au " charitable " Jekyll. Hyde est un primate, son allure est l'incarnation de son mental.

Rouben Mamoulian a une réputation d'esthète, conscient de ses ambitions ( inserts, déplacement sur des objets symboliques ) Quand Jekyll revient chez la fiancée de Jekyll, la caméra caresse son corps sous la robe ample, on devine le corps de la fille puisque les mains de Hyde prolongent et achèvent le mouvement, avant  d'embrasser le cou de la nana...On pourra faire le nez et la fine bouche devant des élans théâtraux très XIXeme siècle à la d'ANNUNZIO! La fille alanguie, le visage contre le piano, écho des toiles préraphaélites et pompières " Gontran n'insultez pas une femme qui tombe ".

Mais ce sont ces ambiances, ces rituels désuets, que l'histoire de Jekyll dénonce, ces ridicules appels à la pénitence, à la souffrance, à la rédemption dans un décor parfumé à la naphtaline. Face au docteur Jekyll, ami des pauvres, charitable et béni-oui-oui, Hyde vend la mèche...

 

 

 

 

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