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 Poussièreuses, ces " Cinq dernières minutes " qui, à l'orée des sixties, passionnèrent les Français, ont, je vous l'accorde, de solides vertus soporifiques.

Cependant j'ai revu ce " Meurtre par la bande " de 1972 avec plaisir, malgré la théâtralité du jeu et les effets appuyés, malgré la bonne un peu tarte qui, quel que soit le visiteur, annonce " Monsieur ".

Ce "Madame, c'est monsieur " répété 10 fois amusait peut être les spectateurs d' " Au théâtre ce soir  " mais aujourd'hui il pèse des tonnes !

Néanmoins la série, fidèle à l'ambition de décrire dans chaque épisode un milieu spécifique, appréhende de A à Z celui de la bande dessinée.

Amateurs, auteurs, et collectionneurs, depuis la création du  CELEG ( 1 )  prenaient au sérieux les petits Mickeys destinés aux gosses, au grand dam de la " majorité silencieuse " qui voyait là une excentricité de plus à ranger aux côtés des hippies et des contestataires en vogue.

D'ailleurs, le collectionneur ici  porte peau de chèvre et arbore barbe et tignasse fournies. On rencontre aussi, en cette année suivante, celle où la BD entra à l'université, un sorbonnard qui expose les idées du CELEG devant un Bourrel des plus sceptiques. Ce dernier est censé relayer le bon sens populaire du spectateur lambda de la télé pompidolienne et, avec son assurance bonhomme, n'a pas le sentiment de commettre un acte de vandalisme indigne d'un représentant de la force publique en déchirant la page d'un album rare pour les besoins de l'enquête.

Tout cela est écrit et filmé avec honnêteté, rien ne sonne faux dans ce décor où le journal de Spirou et celui de Tintin occupent les rayons, et où un poster du " Little Nemo " de Winsor Mc Kay tapisse la porte d'entrée. Une grande bringue avec des couettes termine une thèse sur la BD et ne veut pas manquer la projection au ciné-club de quartier du " Flash Gordon " en 3 épisodes. La revue " Vampyra ", autour de laquelle se construit l'intrigue, est une allusion à peine déguisée à " Vampirella ",justicière jadis fort prisée par les habitués du " Midi Minuit " et du " Brady "...

C'est un grain de beauté à la naissance de son sein gauche qui donnera la solution de l'énigme. L'aspect " gros sous " du phénomène est  aussi évoqué avec les tractations éditoriales amenant la reprise d'un personnage célébré par de multiples dessinateurs.

Pour finir avec humour, c'est dans un " ballon " que s'inscrit le fameux  "  Bon dieu, mais c'est bien sûr ".

Côté BD, Gotlib s'en souviendra dans son " Rubrique à brac "mais, déjà en 1968 dans " Suspense à la télévision "de Tibet et Duchateau, Ric Hochet suggérait à son ami le commissaire Bourdon de faire une carrière à la télé et un bonhomme bien connu de tous,en aparté, dans un coin de la vignette s'écriait  : " Bon dieu, bien sûr mais la place est déja prise,hé,hé ! "....

  Philippe Guillaume                                                                                                   (1) le Centre d'Etude des Littératures d'Expression Graphique est né en 1962, fondé par un groupe qui comprenait entre autres Raymond Queneau ,Edgar Morin, Federico Fellini et le philosophe Marcel Brion, papa du Patrick BRION du " Cinéma de minuit"....

link les 5 dernières minutes - Fan des cinq dernières minutes précipitez-vous, vous ne serez pas déçus.

Tag(s) : #Ciné -phil - Philippe guillaume

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