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Publié par Constantin Mourakopoulos

Quel bon vin t'emmène

16009

Toile : les Bachanales de Poussin

 

 


Dans son corps glisse 

En tourbillons, en spirales 

A gros bouillons

Le vin puissant, robuste, vivant

Foutrement tellurique ! 

Utopies... devant un verre orphelin

Bâbord, Tribord... Pied marin... universel !

Grec... égyptien... gaulois, juif

Peu importe,

Saute !...

Chaloupe chasse spleen

Sans boussole ni compas

Hisse le pavillon ! Prends le large !

Embarque-toi loin des pirateries,

Des courants conquistadors, des phares cupides,

Des fonds de cale amnésiques, des vigies intrigantes !


 

 

Il boit... le sang des dieux

Sirote leurs entrailles, Vampire insomniaque

Libation cosmique ! Seringue buccale !

Groupe rhésus compatible

Orgasme consanguin !

Fièvres de chants... sang de chœurs!

Liqueur au bout des doigts !

 

Il boit... le vin de l'amour

Le capitaine mélancolique, désobéissant

A la proue d'un reflet libertaire.

II s'enivre de latitudes, de métissages, d'Atlantide,

Sous des tropiques visionnaires.

Sur des caravanes d'étoiles du sud.

Tire les bords ! guidé par Vénus.

Flux, reflux ! Origine du monde !

Remous de vagues silhouettes entre deux rivages

Théâtre d'ombres. Désir du désir.

Esprit de roses des vents : Mauresques grisées !

Terre de feu cambrée : Argentines embrasées !

Mirages d'opium safran : Sultanes éclipsées !

Foudres arabesques : Andalouses électrisées !

Equinoxe de soie : Asiatiques empourprées !

Ouragan black : African queen enflammée!

 

Il boit... l'amour du vin

Sans faux col,

Cul-sec ! avec désinvolture.

Et lèche, volupté des voluptés, la goutte fugitive.

Lèvres corsaires... baisers kidnappés !

A l'abordage,

Paupières flibustières : repaires de corail ! A l'accostage,

Canines poudrières : magots ivoire !

 

Il boit... la révolte des damnés

Des thunes dans le juke-box, Dionysos !

Monte le volume ! Frappe le sol ! swingue !

Explose les murs de la sagesse bien-pensante !

Tend les mains vers la voûte tonnelée !

Capture le grand chariot de feu,

Mon verre grelotte d'ennui, d'hypocrisie.

Sers-moi ce vin chimérique, impétueux.

Répands ton breuvage explosif,

Que mon sang s'épaississe !

Qu'ils sombrent les matelots fanatiques,

Les seigneurs du pavois cannibale !

La soute dégobille ces aristocrates terroristes

Ejaculez dans vos aquariums totalitaires !

Pataugez dans vos empires strates puddings.

A nous les crayons de couleurs :

Esquissons d'un trait les non-sens,

Croquons la symphonie bigarrée

En deux coups de pinceau.

Comme bon nous chante :

Dans le cercle polaroïd de l'aurore,

En zigzag, en plein soleil,

En diagonale sous l'œil magnétique de la lune,

Cela nous enchante !

Ad vitam aeternam, objecteurs de conscience !

A mille lieues de vos chantiers navals,

Coudes levés à l'écueil de votre vaisseau fantôme.

 

Il boit... ses songes

Tout là-bas : bout de paradis... esquif du sans-souci

Petites goulées goulûment avalées.

Et trinque sur des rafiots de vignerons,

A la turbulence des insoumis

Qui tanguent chaque nuit,

Dans des grappes de chevelures chavirées.

Fruits mûrs de cris célestes.

Comètes urticantes : sillages d'éternels incendiaires.

                                                                     

Il boit : Evohé ! Evohé !

Il boit la liturgie de l'immortalité.

 


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