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Publié par P.Guillaume

 

Tarzanologue averti (1), Francis Lacassin avait raison. La bande dessinée a mieux servi " le chevalier crispé " que le cinéma.

Harold Foster et Burne Hogarth explorèrent toutes les facettes d'un mythe dont la généalogie remontait à la figure herculéenne alors qu'Hollywood n'adapta que superficiellement les fabuleux romans d'Edgar Rice Burroughs.

On aurait aimé voir " Tarzan et les croisés " ou " Tarzan dans la préhistoire " à l'écran, mais la carrure de Johnny Weismuller et le manque de moyens des production Sol Lesser limitèrent les bornes de notre imaginaire.

Dans " TARZAN ET LES AMAZONES ",troisième film de la RKO, Jane revient enfin ! Ce n'est plus la coquine et mutine Maureen O'Sullivan mais la blonde Brenda Joyce ! Quand elle arrive avec son escorte de civilisés, elle est en tailleur strict, les cheveux recouverts d'un béret mais, une fois revenue dans son   bungalow, elle retrouve sa tunique très, très courte pour notre plus grande joie et ..celle de Tarzan, qui , métamorphosé en " toon " de Tex Avery, exprime son désir en sautant de liane en liane. Tout cela sous les yeux de l'insupportable Boy, grassouillet stupide dont les pitreries avec Cheeta agacent toujours autant.  

                                                      

La jungle de Tarzan est celle de l'Afrique inexplorée du XIXéme siècle et regorge de cités perdues. L'une d'elle, Palmyra,  est un matriarcat qui sous la houlette de la vieille Maria Oupenskaia adore le dieu soleil. Les amazones du titre, vêtues de tuniques " léopard " à grand pouvoir ithyphallique  ont un rôle fort réduit  et si Tarzan est toléré c'est parce qu'il sait se taire et ne risque pas de finir dans les carrières de pierre où ces dames jettent les hommes intrus.

Il y a une belle scène au début du film quand Tarzan et Boy dérivent sur le fleuve à la rencontre de Jane. Le gamin rêve de gratte-ciel et de taxis au milieu d'une jungle qui a l'apparence de l'Eden biblique. Quel petit con! Séduit par les artifices et les gadgets de la " civilisation " il va conduire les archéologues cupides vers Palmyra. Se passera alors ce qui s'est passé depuis le XVIeme siècle, les conquérants motivés par l'appât du gain, adjoint à l'hypocrisie des bons sentiments, sèmeront la mort et le désordre.

Tarzan connaît tous ces gugusses casqués à la coloniale, ces vieux tromblons bavards, qui se font bouffer par leurs propres troupes. Que sa compagne soit issue de ce milieu le navre mais elle l'aime et préfère la vie de Robinson à l'artifice des salons ! C'est donc sans pitié qu'il regarde disparaître ces salauds dans les sables mouvants !                                                                     

Ce n'est certes pas un grand film, le plus souvent il s'agit d'occuper 70 minutes avec les pitreries d'un gamin et d'une guenon ( leçon que retiendra le niais et ennuyeux " Daktari " réservé aux mémères s'extasiant devant les prouesses de leurs animaux de compagnie )...L'acuité de nos souvenirs d'enfance s'est empâtée à l'image de la silhouette de Johnny Weismuller mais le lien affectif entretenu avec ces vieilles productions interdit la sévérité...

(1)Francis Lacassin a ,sur Tarzan, écrit un livre définitif " Tarzan le chevalier crispé " d'abord publié aux éditions10-18 puis aux éditions Henri Veyrier

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