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Publié par elsapopin

C'est, dit-on, parce qu'il était agacé par la personnalité et la renommée de son beau-frère Arthur Conan Doyle qu'Ernest William Hornung créa en 1899 le personnage de Raffles. Bien lui en prit puisqu'il rencontra de suite, dans le monde anglo-saxon, un succès équivalent à celui de Sherlock Holmes.

Après John Barrymore et Ronald Colman, ce fut, en 1941, au tour de David Niven d'incarner cet Arsène Lupin philanthrope qui cambriole le British museum et laisse sa signature d' " Amateur Cracksman ".

Il est amoureux d' Olivia de Havilland et.. nous aussi ! Deux ans plus tôt, Selznick offrit à Olivia le rôle d'une sainte nitouche un peu tête à claques dans " Autant en emporte le vent " tandis que la Warner Bros faisait d'elle la compagne rêvée du capitaine Blood et de Robin des bois, la livrant aux facéties d'Errol Flynn, devenu son partenaire

attitré. Dans le film de William Wyler et Sam Wood, en déshabillé vaporeux ou en robe du soir, elle est aussi sensuelle et craquante que les merveilleuses créatures de papier de l'âge d'or de la BD, les Muguette Dorian, Pagan Lee et autres Dale Arden. Séduite par l'opportunité offerte par le monte-en-l'air, elle passe sur ses fredaines et n'hésite pas à compromettre sa réputation de jeune fille de la bonne société. Les affinités avec la BD ne s'arrêtent pas là puisque le duo formé par Raffles et son insolent valet rappelle le tandem Rip Kirby-Edmond dans l'oeuvre dessinée d'Alex Raymond.

L' " amateur cracksman " puis le Saint, le Baron, le loup solitaire, avatars d'une figure déclinée indéfiniment dans la littérature policière nous ramènent au temps ou Dashiell Hammet n'avait pas encore " sorti le crime du vase vénitien pour le jeter dans le caniveau."(1) Ils nous introduisent par effraction au sein d'une gentry en perpétuelle représentation, à peine troublée par l'intrusion nocturne d'un bandit très mal élevé.

Les hôtes sont pittoresques, l'inspecteur Mc Kenzie, pendant de Lestrade et Teal, joue les policiers balourds et toujours bernés. Dans une ambiance théâtrale, la fumée des cigares et des pipes attise les facultés d'investigation sur fond d'élégants marivaudages. Et si le film se termine en queue de poisson c'est que le titre français  " Clin d'oeil " en résume parfaitement les ambitions.

" Vous prendrez bien encore un peu de ce délicieux brandy, old chap ? "

(1)Célèbre citation de Raymond Chandler

                                                                      

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