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Publié par Philippe Guillaume

 " Old dark house " de James Whale," L'ile du dr Moreau  " d'Erle C.Kenton et " Le Corbeau " de Lew Landers font partie de ce qui constitue désormais l'équivalent cinématographique des écoles hollandaise ou vénitienne en peinture. Un ensemble du cinéma fantastique des années 30-40" calme bloc, ici bas, chut  " d'un désastre obscur " sous la houlette des studios Universal.                   

Dans le premier, nous retrouvons ,surpris par une tempête qui provoque un affaissement de terrain, un trio formé par un lord anglais poupon, un jeune journaliste et une danseuse, contraint de frapper à la porte d'un manoir isolé où il est reçu par un " musée des horreurs " ambulant. On y cache un vieux fou qui sera libéré par le sinistre larbin de la maison..interprété par Karlof.

 

Sur " L'île du dr Moreau ",située au sein de l'archipel de l'imaginaire entre le royaume de King Kong et le terrain de chasse du comte Zaroff, débarque un bon garçon flanqué d' une blonde sophistiquée qui, le soir, nous offre un " demi-nu au miroir "délicieux et nous fait partager les émois de l'homme-singe qui  l'observe. Bela Lugosi est un Savonarole haranguant les foules d'esclaves qui répond au nom de " Sayer of the law "et Moreau interprété par Charles Laughton veut comme tous les Dr Maboul s'égaler à Dieu en devenant un émule du triste et bien réel Mengele. 

Les victimes de ses expériences génétiques, membres d'un prolétariat composé de repris de justice lobotomisés, finissent par se révolter.

Moins fair play que ses victimes, Moreau finit sur la table de dissection en poussant des hurlements de goret...La femme panthère, personnage le plus attachant de l'histoire, est interprétée par Kathleen Burke mais apparaît au générique sous le nom de " Panther woman " suggérant ainsi qu'elle en est une véritable dans cette fable inspirée par H.G.Welles.

 

Karlof et Lugosi figurent quant à eux au générique du " Corbeau " de Lew Landers sans qu'il soit utile de mentionner leur prénom. Le second est un chirurgien esthète décadent dont la sensualité lubrique est aiguisée par une femme qu'il sauve de la mort après l'avoir vue sur une scène de music hall se livrer à une danse des plus lascives.

Le fantastique est avec le comique le genre le plus menacé par le temps parce que sa réussite est censée reposer sur les réactions immédiates des spectateurs : i l faut effrayer ou faire rire.

Aujourd'hui les salles restent aussi silencieuses devant les gags de Chaplin que l'étaient les têtes couronnées venues applaudir Calvero dans " Limelight ". Les femmes ne s'évanouissent plus à l'apparition de King Kong. Le cinéma fantastique est-il donc réductible à la frousse qu'il  doit susciter ? Non ! même si nous nous souvenons avec délectation de nos frayeurs d'adolescent devant le "ciné-club "de Claude Jean Philippe !

Il y a encore cette part de poésie qui fait de ces films un ensemble flou à l'image d'un rêve récurrent dont ils emprunteraient l'atmosphère et la logique.

Lors de la nouvelle sortie en 1971 de " L'île du dr Moreau "Jean Louis Bory écrivait  " la jeunesse de ces films étonne aujourd'hui qu'ils sont quadragénaires ".

Désormais il sont octogénaires, souhaitons qu'ils n' aient pas besoin de viagra pour satisfaire le public contemporain !..

 

  

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