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Publié par le CLA

DERIVE

 

Dans le mauve brouillard

D'un soir de morne lassitude

Se crispe

L'étincelle de vie...

Les Hoquets trébuchants

Se cramponnent

En vain

Aux arpèges du ciel,

Les râles criblent de mille doutes

les fleurs de l'agonie.

Et l'envol du corbeau

Et le nuage noir

Et le ciel lourd d'effroi

Et ton ombre se penche

Et ton ombre s'estompe

Dans le vide incolore...de la nuit.

 

Suzanne Vengeon - Poésie en Stéphanie -1995

 

 

Les chiens qui m'ont aimée

 

                          Les chiens qui m'ont aimée

Reposent sous la lune

Enchaînés à leur sangle,

Ils rongent l'infortune

d'un sort qui les étrangle.

                          Les chiens qui m'ont connue4517783470_dcc9ff3637.jpg

Mouillent les réverbères

En levant la patte

Bien loin des presbytères,

Devant la foule ingrate.

                          Les chiens qui m'ont suivie

Lavent les ruisseaux

leurs puces, leur pelage ;

En se grattant, penauds,

Ils se mordent de rage.

                          Les chiens qui m'ont aimée

Ils hurlent à la mort,

A gorge déployée,

Crocs dehors, sans remords,

Sous la lune argentée.

Homme sans collier, chercher maîtresse à consoler !

 

Anne-Chantal BERGER - Poésie en Stéphanie - 1995

 

 

Nationale 82

 

Quand j'ai besoin d'écouter pousser les fleurs

Je me la déroule en Plaine du Forez,

Droite et plate comme la vie des gens sans histoires,

                                                                Petit Soleils, petit Sommeil

                                                                Fraises industrielles.

Elle est bordée de maisons hallucinogènes

Toutes pareilles, sans espace et sans âmes,

Refuge provisoire d'une petite histoire.

                                                                 Petits sous, petits trous

                                                                 Corbeaux mangent tout.

Les fenêtres de l'imposant château sourient au ciel,

Pendant que s'échappent les fantômes historiques

Pour s'enivrer d'effluves gastronomiques...nuit-sur-le-chateau.jpg -

                                                                   Feu rouge, feu vert,

                                                                   Sors ta carte bancaire !

La terre, déshabillée de haies joue les Beauces nues,

Derrière son fumier, la ferme compte ses vaches,

Puzzle noir et blanc parfumé d'ensilages.

                                                                   Quantité, quantité,

                                                                   Terre massacrée !

Les postes d'essence bombent le ventre.

La petite rivière sanglote sur le platane sacrifié

Pour que tu doubles, plus vite, le poids lourd un peu fou.

                                                                    Vitesse, business

                                                                    Stop - Détresse.

Je la quitte, au seuil de Neulise,

Quand elle prend des airs de voie Alpine.

le soleil saute au ralenti par dessus les Monts du Forez,

Et s'en va jouer, plus loin,

Avec les autoroutes qui survolent les villes.

                                                                             Plus loin, demain

                                                                             Progrès, prudence

 

Nicole Niwa - Poésie en stéphanie - 1995

Chateau de Montrond les bains ( à voir sur le site " les amis du chateau de montrond les Bains " )

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