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Publié par le cla

                                                                                       

LES MURS, EUX-MÊMES

 

Parler aujourd'hui comme hier

Même les murs n'ont plus d'oreilles

 

Bonjour, bonsoir, le temps qu'il fait, la dernière heure,

Le pain, le lait, le rendez-vous donné,

Ce sont autant de mots, j'entends bien, demeurés ;

Sous le couvert des mots le silence est total.

 

Christ est mort et bien enterré

Le verbe ne se fait plus chair

 

Montrez-moi ce prophète à face de carême

Qui prétend assumer le rôle de poète

Rire et sourire ont autrement de chance

Et danser quand il plaît, se battre quand il faut

 

Pourquoi ces mots, tôt jetés à la rue

Ces poèmes frappés de la plus sourde indifférence

Ecrit comme on savoure un thé l'après-midi

Quand il faudrait parler pour dérouter les bêtes

 

Le langage est bien davantage

Qu'une phrase en surimpression

 

Poèmes colportés sous le noir du manteau,

Chant couleur de chorale

Veine tendre où le sang afflue

Poème, le serment de vivre libre et mieux

 

Nos ennemis n'ont pas changé de face

Sous leurs déguisements percent leurs nez pointus

Leurs masques nous font rire et pleurer à la fois

Ils sont légions, la honte les rassemble.

 

Laissons la parole aux muets

S'il nous plaît de vivre tranquille

 

Mais s'il nous plaît de mériter du temps qu'il fait

Ni pire, ni meilleur, à peine différent du temps jadis

Cessons de battre le fer froid parlons plus clair

 

Sinon,

Sinon les murs,

Les murs eux-mêmes.

 

Revue l'Homme de bronze - décembre 1965

 

 

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