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Publié par Bouziane Hacène

La Menie,

 

Dès l’aube, elle courbe l’échine pour quelques piécettes,

Veuve de guerre, elle n’a guère le temps d’être coquette.

La marmaille, pourtant toujours propre et bien nourrie,

Lui pose bien des soucis.

 

Sur un vélo d’avant-guerre,

Elle s’en revient, du chagrin, pour retourner son lopin de terre.

Les bêtes, chez elle, ne pavoisent pas au zoo,

Elles engraissent, dans leurs enclos.

 

Sa figure juvénile s’attarde, même dans le miroir du grand âge.

En silence, pieusement elle tutoie la solitude des sages.

Sans hausser le ton des mots,

Elle ne transpire aucuns maux.

 

Secrète, dans ses affections,

Ses yeux gris se fixent sur l’éternité d’un amour passion.

Sans aucune prétention, elle exprime le mystère de la vie,

Tel un roseau dans le vent, sa force tranquille se voit quand elle se plie.

 

Par la fenêtre, au crépuscule, elle guette l’étranger,

S’il venait à choir dans le noir du soir, elle serait prompte à le soigner.

Certains pseudo-libertaires ne sauraient que se taire, face à une telle résignation,

Sans idéologie aucune, peut être vaguement sorcière, elle manifeste l’autogestion.

 

Sa petite fermette, durement héritée de ses ancêtres,

Respire les souvenirs, de sa singularité d’être.

Une part intime de mon enfance, lui rend hommage,

En cette âme pieuse, j’ai puisé bien plus qu’une image.

 

Fulgurance d’une étoile filante, silencieusement passante au firmament du ciel,

Telle serait la trace de vie, de cette mère, sur l’entredeux de l’éternel.

A présent, aux cieux, son amour récolte le fruit d’une fidélité sans faille.

La Menie, dans les secrets de mon cœur, essaime sa présence de taille.   

Hacène Bouziane, le 22 mars 2013.


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