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Publié par Ph. Guillaume

" Le pacte des loups " est un film ambitieux et séduisant avec sa volonté de retrouver le cinoche perdu qui nous faisait jubiler en poussant des cris de liesse à la sortie " Ça, Milou,c'est du cinéma ! "

Cristophe Gans, ex-critique de " Starfix ", est un cinéphile dont je partage les goûts et les admirations ( pêle-mêle : le fantastique de la Hammer, Riccardo Freda, le cape et d'épée à la française, le western italien, " Tounga "et " Rahan " et avec un bémol le film de sabre japonais ).

Ce qu'il voulait faire, Tarentino le réussit avec " Kill Bill " et " Inglorious Basterds "et croule sous les applaudissements de la critique et du public. On aurait aimé dire de ce pacte qu'il était " cursif, tonique, événementiel, musculaire, entertainement pour la détente corporelle et mentale "(1) mais non !

Tout comme la bêbête qui lui donne son tremplin scénaristique, il reste engoncé dans une carapace d'effets spéciaux qui l'amène à ruer et à traîner sur des kilomètres des lambeaux de films de genre.

Au mieux, il louche vers les BD des éditions Glenat qui bouffent de l'aristo et du cureton ! La beauté y circule mais la connerie aussi !

Les acteurs, pourtant, sont bons et les ambiances parfois réussies. J'aime bien par exemple l'arrivée des protagonistes sous la pluie, les lieux qui rassemblent une communauté autour d'un château gothique. Le bordel est luxueux, voluptueux, la Belluci, dont la croupe évoque les beaux nus dixhuitièmistes en est l'ordonnatrice. Mais quitte à rendre hommage à la Hammer, on peut préférer l'authenticité des " maisons " de Terence Fisher ou John Gilling où circulaient des filles qui avaient plus de " chien " et montraient plus de fantaisie dans leurs offres.                

Trop de zooms, d'arrêts sur image, de ralentis gratuits et parasites !

En fait de pacte, Gans en a fait un avec le diable, c'est à dire avec la rentabilité quantitative. Les ingrédients sont savoureux, mais il faut verser dans le bouillon un soupçon de merde ! Ne reste alors que le goût des navets !

 CINEPHILL                                                                                   

(1) C'est ce que disait Robert Benayoun au sujet des films qu'il aimait

 

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