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ArchiPol

photo-nautilus.jpg

     « Une chanson doit avoir son identité, sa singularité, son univers. Ce qui compte, c'est le voyage. »

 

Voilà ce qu'on peut lire sous l'une des nombreuses photos ( elles occupent une page sur deux) présentes dans le livret accompagnant cette première galette d'ArchiPol.

10 titres et autant d'ambiances  différentes.

 

archipol.jpgUn  artiste ordinaire aurait peut-être intitulé son album « Embarquements immédiats ». Lui a choisi, plus subtilement, « Dans l'abysse des interstices ». Comme il s'en explique, au début du livret et aussi dans  « Nautilus », chanson cauchemardo-marine, des mondes innombrables s'offrent à qui sait plonger le regard  dans les fissures du réel. Dans « Nautilus », il fait adroitement rimer « interstices » et « abysses » et donne une clé en évitant l'habituelle « éponymie ».

 

L'écriture, les mélodies, l'accompagnement, l'interprétation, tout donne au premier abord une impression de facilité renforcée par l'usage plus ou moins récurrent de sifflements désinvoltes (dans « A Sébastien », ce sont même les seules « paroles ») ou du chant à bouche fermée (« Emmanuelle ») et autres onomatopées (« Hier et demain »). Mais au-delà de ces apparences on devine dès la première écoute une foison de trésors poétiques et musicaux.  En fait, ça ne sent pas l'effort, ce qui est la marque d'un long travail abouti.

 

« ArchiPol », c'est une histoire d'amitié entre trois jeunes gens talentueux qui se sont rencontrés en  Albion. Alors que, dans l'Hexagone, certains peinent à se défaire des influences anglo-saxonnes, nos exilés volontaires ( tout rapprochement avec un mammuth fiscophobe serait incongru ; là, nous parlons de parcours d'excellence ) font de la chanson française, et du meilleur tonneau.

 Paul Vialard  ( oui, ArchiPol, c'est lui), Valentin Barray et Romain Malan se sont connus au Royal College of Music de Londres, le premier ayant préalablement fréquenté, excusez du peu, Sciences Po Paris et le King's College. Pour les besoins de l'album d'autres instrumentistes les ont rejoints et méritent d'être également cités : Alexandre Klein  ( contrebasse ), Peter Handley ( batterie, cajun, archipol2.jpgpercussion ), Céline Saoult ( harpe ).

 

 Chanson à texte : voilà une appellation qui en agace plus d'un  ( je me souviens de la chanteuse et animatrice de radio Christine Authier disant : « c'est comme si on parlait de cinéma à images »). Ca tombe bien parce que chez ArchiPol, cette expression n'a pas de sens. Leurs chansons, c'est plutôt une sorte de langage total.

Une ballade langoureuse (« Emmanuelle ») précède « Nautilus » et son atmosphère plutôt glauque.

Un peu plus loin sur le CD : « Dans la ville à la tour en seringue spatiale » allie des passages empreints de gravité et des couplets légers ( sont mis en scène un junkie avec « ses bras en gruyère » et sa compagne serveuse dans un cyber-café ).

Puis, « Croque-cercueil » nous emmène du côté de chez Gary Cooper, même si là, « Le train n'a sifflé que deux fois ». Et l'album s'achève par une histoire qui vous emporte du plus insignifiant des quotidiens :

« Il se nommait Antoine Martin

Il habitait 7 rue Gudin »

à l'envol vers on ne sait quels parages interstellaires dudit Martin ( le nom français le plus courant, plus que Dupont ou Durand ) arrimé à son torchon de cuisine (« Maudit torchon »).

archipol-new.pngUne appréciation lue sur le site d'ArchiPol et due à la plume d'une certaine Marie-Catherine Mardi m'aurait laissé perplexe s'il n'était pas précisé que la dame appartient à l'équipe de Telerama : « spectacle de variété surjoué ». Pour sûr, Biolay et L, deux des enfants chéris de la revue, ne risquent pas de surjouer puisqu'ils ne jouent pas du tout et c'est bien pour ça qu'on s'emmerde.

Par bonheur, Philippe Meyer a une oreille plus avertie. Si vous écoutez son émission, sur FRANCE INTER, le samedi entre midi et 13 heures, ne ratez surtout pas la dernière séquence, « Tocade » qui, après nous avoir régalé avec Frédéric Bobin, Evelyne Gallet et bien d'autres, nous a récemment donné à entendre cet ArchiPol qui vaut de l'or.

 

Pour finir, en attendant d'autres abysses et interstices ( car le trio ne saurait en rester là ), encore quelques réflexions ArchiPolesques qui parsèment le livret :

« Une chanson qui tient juste avec un seul instrument, c'est qu'elle tient debout. Une autre magie vient après, celle des rencontres, quand on commence à arranger les mélodies, à trouver des résonances, amener d'autres couleurs, créer de nouveaux univers. »

« J'aime voir mes chansons comme des peintures, chacune décrivant une scène, un moment, une émotion, une pensée, une personne. »

 « Parfois, on travaille des heures, des jours, des nuits et l'on n'en retient finalement rien. Il faut savoir se satisfaire du non-résultat. »

 

 

 Si vous désirez en savoir plus :

site web : http:/paulvialard.com

Et pour commander l'album :

http://www.tamiseenscene.com/blog/archipol.html

 

 pour découvir et écouter les chansons d'Archipol  : link

Tag(s) : #Les coups de coeur de pierre thevenin

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