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Publié par philippe Guillaume

" L'ennemi de l'amitié ce n'est pas l'amour, c'est l'ambition "  Philippe SOUPAULT  

  " Three ring circus " nous renvoie au monde fascinant du cirque, ce n'est pas le film le plus drôle du tandem Lewis-Martin mais il n'en demeure pas moins sympathique.

Doté d'un talent inné, ne nécessitant en apparence aucune technique, Jerry, d'abord employé comme homme à tout faire dans le cirque de la belle Joanne Dru, va s'imposer tout NATURELLEMENT en clown vedette, tandis que son ami Dino devient l'assistant de la très chaudasse trapéziste Zsa zsa Gabor.                   

C'est l'histoire d'une prise de pouvoir, l'histoire de Jerry Lewis, faire-valoir grimaceur devenu auteur adulé par la critique française. Le film plaide en faveur de l'unité et de l'authenticité de l'artiste et montre en contrepoint un clown ivrogne, odieux, méchant et aigri qui annonce un des " Tontons farceurs " ainsi que le Jerry Langford arrogant et indifférent de " La valse des pantins ".

Le clown en question est interprété, oh surprise ! par Gene Sheldon le Bernardo serviteur de Zorro. Entendre sa voix est tout aussi déstabilisant que voir L'homme de fer Raymond Burr marcher sur ses deux jambes !

On a du mal à croire qu'il puisse se montrer aussi teigne, aussi salaud qu'il l'est ici.  Jerry attend que son public le regarde enfin. Pelant avec ses lamentations narcissiques, c'est dans l'arène du cirque que le bouffon existe enfin ! livré à un public parfois sadique qui rit de ses larmes ! Ris donc, Paillasse, c'est bien connu !La gamine qui rigole est une petite conne et tous ceux qui la suivent sont aussi cons qu'elle !

Sommes-nous loin de " L'oeuvre " de Zola quand le peintre rencontre un unique succès avec la toile représentant le cadavre de son fils ? Non ! 

Heureusement l'humour prend le dessus  avec Sig Roman en dompteur teuton, et Elsa Lanchester en femme à barbe que Jerry entreprend de raser. Les jolies jambes de madame Charles Laughton sont mises en évidence pour faire ressortir sa féminité et communiquer un étrange malaise !                                 

S'opposent deux jolies filles, la blonde et la brune, la première, garce et dominatrice, émoustillée par le torse de Dino, la seconde, madame Loyal, patronne du cirque, amoureuse idéale.

On retrouvera tout au long de l'œuvre Lewisienne la présence ésotérique des blondes et des brunes. Les films de qualité inégale que le tandem tourna sous la direction de Tashlin ou Taurog prennent pour moi l'avantage sur ceux de Lewis metteur en scène.

C'est que leur séparation m'attriste en ce qu'elle illustre la fatalité qui pèse sur toute relation humaine. Mais " ceux qui ont bâti un univers se retrouveront tous puisqu'ils l'ont mérité "chantait Bécaud !

Combien à cet égard sont emblématiques et émouvantes les retrouvailles des deux vedettes de la " Borch belt ",organisées par Frank Sinatra lors du " téléthon " de 1976.

Des moments comme on rêverait d'en vivre quand, aux douze coups de minuit, nous basculons d'une année sur l'autre....!!!                         

 
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