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Publié par ph.Guillaume

                       

Les Texas rangers et les comancheros appartiennent à l'histoire du sud-ouest américain et selon Jean-Louis Rieupeyrout, il existait au Nouveau Mexique un lieu de rendez-vous appelé " la vallée des larmes " où affluaient  " captifs blancs ou indiens et bétail volé, centre de tractations sordides parmi des bacchanales effrénées " (1). Quand les Texas Rangers mirent fin à leurs activités, les comancheros, qui devaient leur nom aux relations étroites entretenues avec les indiens, avouèrent avoir dérobé pas moins de 300.000 têtes de bétail et 100.000 chevaux au seul Mexique.

 Cette "vallée des larmes" est comparable au royaume d'Ayesha chez H.Ridder Haggart ou au Pellucidar d'Edgar Rice Burroughs, et, maintes péripéties et rencontres font de Jake Cutter ( John Wayne ) et Paul Regret ( StuartWhitman )  les émules d'Allan Quattermain et Tarzan en quête de  cités perdues.

 

Dès le générique, la trépidante partition lyrique d'Elmer Bernstein communique une intense jubilation. La silhouette de John Wayne se découpe sur les grands espaces du Texas pour devenir discrète derrière la signature de Michael Curtiz.

Les acteurs ? On les connaît tous, au moins de visage, le vieux copain Bruce Cabot, le fiston Patrick Wayne, Jack Elam, et même Lee Marvin venu roder son personnage de Liberty Valance.

Stuart Whitman est le coéquipier du Duke. Doit-on au goût de ce dernier pour les hispaniques ( il en épousa trois ) la présence de l'éphémère Ina Balin ? Ce n'est pas à lui de toute manière  qu'elle reviendra, la brune pour le " beau garçon " et la blonde  pour le " grand vilain " . Les tempéraments s'harmonisent d'eux- mêmes, l'aventurier flambeur avec la fière amazone et le terrien avec la fermière.

Trois sociétés sont représentées, la première à la Nouvelle Orléans repose en apparence sur un code et des valeurs aristocratiques. On est sourcilleux sur les affaires d'honneur qui se règlent en duel. Mais sous le vernis policé, il y a les privilèges de classe, la naissance et la position sociale. Paul Regret a tué le  fils d'un juge influent et, duel chevaleresque ou non, sa tête est mise à prix, mort ou vif. 

La communauté des comancheros obéit aux principes de l'organisation clanique,la loi qui la régit est de l'ordre de l'arbitraire et le fait d'un despote nihiliste. La cruauté démentielle côtoie l'urbanité réfrigérante et malsaine dont fait preuve ce patriarche impuissant dans son fauteuil roulant. On va s'empresser de nettoyer tout ça sans se départir d'une décontraction et d'un sens de l'humour à toute épreuve !

 

                       

 

 

Et ce grâce à cette communauté de preux formée par les Texas Rangers. On respecte ici l'égalité entre pairs. Une fois le rituel initiatique accompli,le nouveau ranger est accepté, reconnu, son passé soldé, sa dette effacée. Ne les confondons pas  avec les hoplites de Sparte, les légionnaires romains, les chevaliers teutoniques ou les cadets de la Sainte Russie, un certain débraillé tient lieu d'uniforme, on boit sec et on rigole !

L'état guerrier n'est que temporaire. Une fois la paix revenue, on répare enfin la palissade de Mélinda, avant de se glisser douillettement dans le lit de cette jolie veuve!

 

     (1)Jean Louis Rieupeyrout : " La grande aventure du western " ed. du Cerf  

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