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Publié par Philippe guillaume

Nous sommes quelques-uns, réfugiés au fin fond de nos Monument Valley intérieures, pour qui la découverte du monde se confondit avec celle du western, l'exploration du wilderness devenant la métaphore idoine de ce voyage initiatique.

En effet, au début, seuls m'intéressaient poursuites infernales et règlements de comptes à O.K. Corral ou Rock City. Cow boys, outlaws et indiens sillonnaient les grands espaces en s'affrontant pour le plus grand bonheur des aventuriers en herbe. 

Puis, en lisant l'éditorialiste de " Star ciné colt " et " Star ciné winchester " j'éprouvais l'envie d'en savoir plus. Cet éditorialiste,  c'était George Fronval (alias Paul Sterling, Frank Murray...). De son vrai nom Jacques Garnier, il s'était taillé une réputation, plus ou moins légitime de spécialiste de l'histoire de l'ouest en publiant des biographies de Kit Carson, Wild Bill Hickock, Buffalo Bill.

Sa "Fabuleuse épopée du Far West" et sa "Véritable histoire des indiens peaux rouges" illustrée par son complice Marcellin et les peintres de la célèbre Hudson River consolidèrent mon goût pour un genre que je découvrais ancré dans la réalité historique et dont les perspectives idéologiques étaient on ne peut plus actuelles.

Méprisant les accusations d'immaturité et d'infantilisme chronique dont je faisais l'objet, je poursuivis ma chevauchée fantastique au cœur des films derrière lesquels je mettais désormais les noms de Ford, Hawks, Walsh et autres piliers du ciel hollywoodien, éclaireurs d'une piste des géants conduisant vers le grand passage.

Résultat d’images pour  L'homme qui n'a pas d'étoile Je n'ai abusé ni du calumet ni de l'eau de feu pour dire que le western éveilla ma conscience civique et politique. J'y vis le mensonge historique et la vérité des mythes fondateurs,la force de la loi opposée aux crochets du droit,l'éternel conflit entre nature et culture ... Ce n'était pas si simple, par exemple, dans " L'homme qui n'a pas d'étoile ",les ignobles barbelés qui scarifiaient à vie le torse viril de Kirk Douglas étaient aussi les instruments de l'émancipation des petits éleveurs en butte aux exactions des "cattle barons"

Enfin, si aujourd'hui, je refusais mon aide à un ami menacé ou si témoin de vilenies , je me dégonflais comme les " braves gens "d' Hadleyville, l'oeil de Gary Cooper me poursuivrait dans la tombe et je ne pourrais plus regarder " Le train sifflera trois fois " en face.

 En 1971, John Ford se mettait le doigt dans l'oeil ( et il n'en avait qu'un ) en prétendant que " tant que tourneraient les caméras, il y aurait des westerns ". On a cru le genre immortel car de " sur westerns " en " anti westerns ",revtu des frusques naturalistes et véristes, il avait digéré contrefaçons et simulacres tout en intégrant les évolutions socio-historiques mais les gunfights impitoyables qui opposaient, alors, amateurs de spaghettis et puristes yankees cachaient mal la réalité: le western vivait son Fort Alamo.

   
A l'heure actuelle, qui pousse l'encolure de son Appaloosa pour prendre le train de 3h10 pour Yuma avec Clint Eastwood doit savoir qu'il est plus tard qu'il ne croit et que depuis longtemps l'heure du western a sonné.

Réconciliés, les protagonistes de la guerre de sécession cinéphilique évoquée plus haut trinquent au saloon en écoutant, la larme à l'œil, le fantôme de Lily Langtry chanter " Red river valley " .Devenu parc naturel folklorique, le western subit le sort des réserves indiennes mais avant que le mausolée, faute de n'être plus fleuri par Mr Eddy et sa " dernière séance " ne disparaisse définitivement, enjoignons les jeunes générations à suivre, via DVD et autres rétrospectives, le  célèbre conseil de John Soule :

" Go west young man and grew up with the country ".
 
Résultat d’images pour  cowboy solitaire
                                                          
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