Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par philippe Guillaume

En dehors de ses prestations radiophoniques, Basil Rathbone ( link ) incarna 14 fois Sherlock Holmes à l'écran. Dans deux films produits par la Fox et dans une série de 12 films de la Universal qui, faute de budget adéquat, transposaient le personnage dans l'époque contemporaine en lui faisant affronter des espions nazis !  

 Pourquoi Jean Tulard a-t-il écrit que " ni les Rothschild ni Sherlock Holmes n'avaient inspiré à Alfred Werker le film que de tels personnages demandaient "alors que son " Adventures of Sherlock Holmes " est un chef-d'oeuvre absolu qui éclipse les innombrables incarnations du détective à l'écran ?

En 1h30 Werker parvient à restituer une synthèse qui exprime la quintessence de tous les Conan Doyle. Jeremy Brett ce n'est pas mal mais Basil Rathbone c'est sidérant !

Des le début, un parallèle s'instaure entre Holmes et son ennemi juré le professeur Moriarty ( joué par George Zucco ). Ils ont en commun, entre autres, une intelligence hors pair à même de déboucher sur une estime suggérée par le partage d'un parapluie et d'un fiacre. Holmes répète sur son crincrin une rengaine censée faire réagir les mouches. S'il trouve la note qui irrite un des insectes, il aura atteint son but! Un passe-temps insolite qui fait écho à celui de Moriarty qui, lui, fait jouer une mélodie inquiétante à un individu en ombre chinoise, dans le but de consoler ses plantes auxquelles il attache plus d'importance qu'à la vie humaine ! Mais si Moriarty méprise ses adjuvants de la pègre, Holmes, ironique et cassant se montre cordial avec Watson, Mrs Hudson et le jeune Billy.

Sherlock est piégé par une enquête -leurre et risque sa réputation en oubliant la Tower Bridge où reposent les joyaux de la couronne, tandis que rôde, dans les allées d'HydePark un individu  nanti de bolas, une arme de strangulation utilisée par les gauchos d'Argentine pour capturer le bétail et dont les frères Murietta dans un épisode de " Zorro " m'avaient révélé l'existence et la dangerosité. Ida Lupino pas encore " érotisée " est une jeune fille courtisée et amoureuse qui éprouve visiblement une grande peur des hommes et comme Holmes manifeste la même peur vis-à-vis des femmes, tout va bien !                                                                                 

 

Moriarty n'a aucun mal à piéger Watson et le gardien de la tour ( Dieu qu'ils sont bêtes !) et nous voilà dans " La marque jaune " de Jacobs et " Le sceptre d'Ottokar " d'Hergé avec un détour dans les sentiers de la psychanalyse...

Les bijoux de famille...Vous avez compris ?

C'est une lutte pour la puissance qui oppose les deux ennemis avant que Moriarty ne tombe du haut de la tour comme il est tombé dans les chutes de Reischenbach...( d'où une certaine consternation chez le gamin que j'étais quand je l'ai vu resurgir dans les épisodes suivants sous les traits de Lionel Atwill et Henry Danniel )                  

L'Angleterre victorienne et puritaine s'échappe dans les brumes de Whitechapel, fascinée par l'exotisme. Moriarty flirte avec l'ésotérisme,l'aryosophie et la théosophie à la mode en cette fin de XIXème siècle. La menace identifiable et sérieuse ne vient pas cette fois d'Asie ou d'Afrique mais d'Amérique latine via un dessin représentant un pélican, une arme terrifiante et un rite funéraire inca. Rule Britannia...!                             

Procurez-vous, si ce n'est déja fait, les 14 films "Sherlock Holmes" avec Basil Rathbone en deux volumes aux éditions vidéo France télévision...

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article