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Publié par Edouard Piolet

 

 

LE BOHEMIEN

 


 

 

Je m'appelle quoi ? Tout et rien !

Alors devinez d'où je viens,

Vous qui marchez vers la lumière !

Mon nom fleurit avec l'été,

Ma bouche chante en liberté,

Je n'ai nulle part de chaumière !

 

J'arrive et je m'en vais sans raison,

Au rythme, au vent de la saison,

Au hasard de la solitude.

A la promesse des matins

Mon feu de la veille s'éteint,

Du coup de pied de l'habitude !

 

Je vis sans chagrin, sans amour,

Heureux de rien, au jour le jour,

Le pas de pluie ou bien de paille.

Vous me verrez probablement

Quand vous marcherez un moment,

Où, vers ailleurs, il faut que j'aille !

 

décembre 2006

 

 

Dernière pluie

 

Il pleut sur novembre.

Les feuilles ne roulent plus

Plaquées jaunes au sol.

L'été se marre, dans son autre pays.

Sur les visages baissés

L'hiver déjà met des congères.

Il pleut sur des costumes noirs

Sur les chevaux gris du cortège2410591946_ca92630d01.jpg

Sur leurs capots

Sur leurs couronnes.

Et juste à l'heure

Au clocher noir

Sonne glacé le glas lugubre.

Un corps s'en va

Par le petit bout de la mort nette

A travers les gouttes de l'absence.

 

Le bistro attend les survivants !

novembre 2006

 

Madame

 

Hier, je vous ai rencontrée. J'avais douze ans et vous la fleur de l'âge. Je me souviens, il pleuvait, je pleurais, et vous avez tout éclairé. D'un seul sourire, un petit clin de bouche, un baiser de vos cils, une hirondelle de vos doigts.

Mon coeur battait deux fois et vous n'avez rien dit. Votre robe Dior de chez Uniprix, votre corsage quadrillé Vichy, vos talons plastique de Romans éclipsaient Marilyn Monroe !

je me souviens, vous avez pris ma main dans votre main sans bagues, douce et énergique à la fois. J'ai tremblé. Je tremble encore. Pardonnez-moi : j'aimais pour la première fois. Il pleuvait aussi deux fois, sur nos visages et dans le fond de moi, là où le soleil n'atteint pas.

Alors, nous sommes partis, sans savoir où, sans savoir pourquoi : un petit bout de route mouillée séché par votre pas... C'était hier, à peine hier, presqu'autre fois.

Mais depuis , madame, les jours de pluie vous êtes là, depuis qu'un carrefour si grand nous sépara.

J'ai vu partir votre ombre. Alors j'ai pris vos rides, vos cheveux blancs sur moi. Pour ma vie à venir, j'ai basculé dans TOI, mon tout premier amour, mon premier désarroi.

Et pour te dire je t'aime aujourd'hui, pour la première fois, j'arrête ma vie un moment...

MAMAN !

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