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Publié par elsapopin

Les Belles Rebelles, poétesses de la Renaissance

 

 

 

 

Marguerite de Navarre

 

 

 

Christine de Pisan (1365-1430)

JE NE SAIS COMMENT JE DURE

Je ne sais comment je dure
Car mon dolent coeur fond d'ire
Et pleurer n'ose, ni dire
Ma douloureuse aventure

Ma dolente vie obscure
Rien, fors la mort, ne désire
Je ne sais comment je dure

Et me faut, par couverture,
Chanter quand mon coeur soupire
Et faire semblant de rire !
Mais Dieu sait ce que j'endure :
Je ne sais comment je dure.


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Marguerite de Navarre (1492-1549)

Marguerite de Navarre


ELLE M'A DIT : PAR REFUS OU TOURMENT

 

 

Elle m'a dit : "Par refus ou tourment
Je vous ferai laisser votre entreprise."
Mais amour dit : "Aimez la fermement,
Car à la fin, soit douleur ou surprise,
Par mon moyen vous en ferez la prise,
Et vous rendrai de son corps le vainqueur."
Hélas ! Amour, ce m'est trop de faveur,
Mais d'un tel corps ne veux la jouissance,
Sans être aimé ; par quoi frappez son coeur ,
Si vous avez hardiesse et puissance.



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Louise Labé (1525-1566)

JE VIS, JE MEURS ; JE ME BRÛLE ET ME NOIE

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure ;
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.




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Printemps des Poetes
Portrait de femme

  Louise Michel, l'indomptée


1830 Vroncourt ( Haute-Marne )
1905 Marseille



Louise Michel (1830-1905) était une institutrice républicaine originaire de la Haute Marne. Elle a participé activement à la Commune de Paris (mars à mai 1871) où elle fut surnommée " la vierge rouge de la Commune " . Elle est la première à arborer le drapeau noir, elle popularise celui-ci au sein du mouvement anarchiste.

Elle fut condamnée à la déportation en Nouvelle Calédonie, comme de nombreux communards.

Après le décret d'amnistie des Communards en 1880, elle revint en France où elle reprit immédiatement une activité politique. Militante anarchiste, elle fut de nombreuses fois arrêtée, et finit par se réfugier à Londres et meurt de pneumonie en 1905, à Marseille.


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Victor Hugo à Louise Michel


Viro Major
Ayant vu le massacre immense, le combat
le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,
La pitié formidable était dans tes paroles.
Tu faisais ce que font, les grandes âmes folles
Et, lasse de lutter, de rêver, de souffrir,
Tu disais : « Jai tué ! » car tu voulais mourir.

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.
Judith la sombre Juive, Aria la Romaine
Eussent battu des mains pendant que tu parlais.
Tu disais aux greniers : « Jai br0lé les palais ! »
Tu glorifiais ceux qu'on écrase et qu'on foule.
Tu criais : « J'ai tué! Qu'on me tue! - Et la foule
Ecoutait cette femme altière s'accuser.
Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;
Ton oeil fixe pesait sur les juges livides :
Et tu songeais, pareille aux graves Euménides.

La pâle mort était debout derrière toi.
Toute la vaste salle était pleine d'effroi.
Car le peuple saignant hait la guerre civile.
Dehors on entendait la rumeur de la ville.
Cette femme écoutait la vie aux bruits confus
D'en haut. dans l'attitude austère du refus.
Elle n'avait pas l'air de comprendre autre chose
Qu'un pilori dressé pour une apothéose :
Et, trouvant l'affront noble et le supplice beau
Sinistre, elle hâtait le pas vers le tombeau
Les juges murmuraient : « Qu'elle meure! C'est juste
Elle est infâme &endash; A moins qu'elle ne soit auguste »
Disait leur conscience. Et les juges, pensifs
Devant oui, devant non, comme entre deux récifs
Hésitaient, regardant la sévère coupable.

Et ceux qui, comme moi, te savent incapable
De tout ce qui n'est pas héroïsme et vertu.
Qui savent que si l'on te disait: « D'où viens-tu ? »
Tu répondrais : « Je viens de la nuit où l'on souffre ;
Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre!
Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,
Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous.
Ton oubli de toi-même à secourir les autres
Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;
Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain
Le lit de sangle avec la table de sapin
Ta bonté, ta fierté de femme populaire.
L'âpre attendrissement qui dort sous ta colère.

Ton long regard de haine à tous les inhumains
Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains :
Ceux-là, femme, devant ta majesté, farouche
Méditaient, et malgré l'amer pli de ta bouche
Malgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toi
Te jetait tous les cris indignés le la loi
Malgré ta voix fatale et haute qui t'accuse
Voyaient resplendir l'ange à travers la méduse.

Tu fus haute, et semblas étrange en ces débats :
Car, chétifs comme sont les vivants d'ici-bas.
Rien ne les trouble plus que deux âmes mélées
Que le divin chaos des choses étoilées
Aperçu tout au fond d'un grand coeur inclément
Et qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.





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harry-l-blackbird et elsapopin 11/03/2010 15:45


mais de rien tout au long de ce printemps des poetes vous trouverez sur le blog des poemes et textes ecrit par des poetesses  amicalement elsa
ps votre blog aussi est tres interessant et joli


reinette 11/03/2010 15:11


merci de m'avoir donné l'occasion de relire ces jolis poèmes.