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Publié par philippe Guillaume

Le dessinateur Tibet créa deux bandes dessinées fortement influencées par le cinéma. La première, croisement hybride entre le burlesque, le western et l'aventure exotique, mettait en scène Kid Ordinn et Dog  Bull, en qui l'auteur lui-même voyait une transposition du duo Laurel et Hardy au Far West.

La seconde, policière était scénarisée par AP Duchateau dont le " dictionnaire Tulard du roman policier "souligne la bonne réputation auprès des amateurs. Le trio que formaient le journaliste Ric Hochet, la blonde Nadine et le commissaire Bourdon en rappelait un autre ( Jean Marais, Mylène Demongeot ,Louis de Funes ) qui fit ( et fait encore ) le succès des " Fantomas ".       

Le " France " ne fut-il que l'incarnation de l'orgueil et de la pompe gaulliste ?

Le rêve de tout Français moyen était-il celui du commissaire Bourdon qu'une mission providentielle envoie sur le prestigieux paquebot ? Pas de traces du France au cinéma mais Tibet et Duchateau en ont laissé une dans le très bon " Rapt sur le France ",un des premiers Ric Hochet qui déroule une intrigue délicieusement datée mettant en scène des mercenaires au service d'une organisation internationale dont l'objectif est de " vendre " le professeur Hermelin au plus offrant.

Les potentialités dramatiques de l'espace sont, selon la recette hitchcockienne, parfaitement exploitées. Bourdon se perd dans les dédales de la ville flottante et Ric y subit des attaques répétées .La piscine, les cabines, le pont désert, le cinéma dans lequel à l'issue de la projection de " Citizen Kane " Ric est censé animer un débat sur le journalisme. Rien ne manque ! Et figure dans l'album un plan du " France " "comme si vous y étiez avec Ric Hochet".  Les crêpes,  copieusement arrosées d'Armagnac et servies à une des meilleures tables du monde sautent à la figure de (qui évite le piège,bien sûr ) 

 

Cet épisode voit le retour de Bex Turner dont le visage évoque celui de Jack Palance. En 1968 ( date de la parution ) Duchateau s'inspirait peut être du tout récent " Mission Impossible " car le méchant se dissimule sous le masque d'un industriel, et une notice précise qu'il s'agit de " cosmer "( solastic ), procédé de maquillage utilisé par Hollywood. Une précision sans doute inutile mais on se devait, alors, de rendre vraisemblable un élément dont la série de Bruce Geller usera et abusera par la suite.   Notons aussi un " cliffhanger " inspiré  par le serial. Une bombe cachée dans un " pneumatique " va exploser, Ric la réceptionne et dans la vignette suivante les bureaux de la  "Rafale " explosent...Qu'est devenu notre héros ? Quelques images plus loin, un flash-back nous montre Ric jetant la bombe à temps par la fenêtre...        

Les intrigues, le graphisme, les couleurs de cette BD établissent un lien évident avec le cinéma populaire des années soixante, les " Fantomas ", OSS117 et autres " vicomte qui réglait ses comptes" pour notre plus grand plaisir.                                                                                                                       

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