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Publié par elsapopin

Les courses de Chars dans l'Antiquité

Les grands événements sportifs sont suivis de nos jours par un nombre important de spectateurs.

Mais ils sont loin de susciter l'engouement que provoquaient autrefois d'autres luttes sportives et, plus spécialement, les courses de chars. La foule se ruait littéralement vers les stades, amphithéâtres et arènes où ces épreuves devaient se dérouler.

Les paris se chiffraient par des sommes vertigineuses que ne connaît pas notre moderne pari mutuel. De riches Romains n'hésitaient pas à placer sur les chances d'un attelage la totalité de leur fortune.

Les " auriges ", conducteurs de chars, étaient les idoles du public. Ils appartenaient généralement à la caste des esclaves. Mais, peu à peu, après des victoires répétées, ils obtenaient leur affranchissement sans avoir cependant le droit de porter en course d'autres couleurs que celles de leur maître, sauf en cas de consentement de ce dernier.

Les poètes chantaient les exploits de ces " auriges ". Les artistes fixaient leurs traits sur leur toile, dans le bronze ou le marbre.

Ils recevaient des dons somptueux, en nature ou en espèces. L'un d'entre eux, Scorpo, se vit offrir,  sous le règne de Domitien, 50 pesantes bourses d'or en une heure.

Les " auriges " , qui avaient remporté plus de mille victoires ( ils disputaient parfois plus de cinquante courses dans la journée ) étaient classés dans une catégorie spéciale qui constituait un sorte de noblesse.

Les riches propriétaires de chars s'arrachaient à coup de millions de sesterces les services de ceux qui appartenaient à cette catégorie. Les chevaux victorieux étaient eux aussi l'objet d'un pareil enthousiasme. On décernait le titre de " centenarii " à ceux qui avaient triomphé au moins cent fois.

Parmi les plus fameux on a conservé les noms de TUSCUS qui gagna 36 fois et de VICTOR qui enleva 424 épreuves.

A leur mort, les chevaux célèbres étaient enterrés sous des dalles de marbre sur lesquelles le burin gravait le récit de leurs exploits.

 Cette frénésie des courses de char sévissait peut-être encore plus furieusement à Byzance, capitale de l'Empire romain d'Orient. On avait créé, dans ce qui serait plus tard Contantinople , un hippodrome de 375 mètres de longueur  et de largeur à près égale.

La population s'était divisée en deux camps : celui des verts et celui des bleus.

Chaque camp avait ses quartiers, ses présidents, ses chars, ses chevaux, ses " auriges ". La veille des courses on projetait sur les pistes du sable blanc, fin, auquel on avait mêlé des essences odoriférantes. Le cirque était pavoisé d'étoffes précieuses, orné des plus belles statues prises dans les palais.  Un luxe inouï était déployé ces jours-là.

Les courses commençaient à l'aurore et duraient jusqu'à la nuit tombante. La rivalité des verts et des bleus devait fatalement s'exacerber et elle fut la cause initiale de tragiques événements.

Le 11 janvier de l'an 532 les spectateurs protestèrent véhémentement contre l'impératrice Théodora qui favorisait ouvertement les bleus. L'Empereur Justinien fit haranguer et menacer  le public par des hérauts. Alors les partisans des Verts quittèrent les amphithéâtres, ce qui constituait un grave affront pour la Majesté impériale. Le préfet de police pensant bien faire, afin de calmer les esprits, procéda à de massives arrestations. Elles eurent un résultat auquel il ne s'attendait pas : les Verts et les Bleus s'unirent pour obtenir que dans l'avenir aucune influence ne puisse essayer de faire pencher arbitrairement la balance en faveur des uns ou des autres les jours de courses.

La querelle s'envenima. La populace s'insurgea. La troupe dut intervenir. Pendant six jours on se battit avec rage. Finalement force resta à l'armée. Mais l'émeute avait fait 30000 victimes et les plus beaux monuments n'étaient plus qu'un amas de ruines fumantes.

F.Estèbe - lundi 7 août 1939

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