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Publié par elsapopin

L A  S A G E S S E  D E  D I D E R O T

 

Le Philosophe Diderot, fondateur de l'Encyclopédie, penseur, écrivain et critique, est peut-être la personnalité la plus originale de son temps, celle qui résume mieux les aspirations philosophiques du XVIIIé siècle.Mme Geoffrin tenait un salon littéraire très fréquenté par les philosophes. C'était une femme d'esprit et de coeur. Diderot, qui était un de ses intimes, eut l'occasion de lui rendre service. Pour lui en témoigner sa  reconnaissance, Mme Geoffrin imagina de profiter de son absence pour le déménager et remplacer ses vieilleries par un mobilier neuf.

Diderot était fort pauvre et " L'Encyclopédie", malgré son immense succès, suffisait à peine à le nourrir. Son logis, au quatrième étage, était misérable mais enveloppé dans l'ardent tourbillon de ses idées, il vivait plus libre et aussi fier qu'un prince.

Il fut d'abord surpris et enchanté de son nouveau mobilier, mais cette amélioration en appelait d'autres. Il les entreprit et, d'achat, en achat, tout se trouva changé, jusqu'à sa robe de chambre.

A ce coup, il éclata. Mais avec tant de sagesse et de gaieté, que c'est une leçon qu'on ne peut dire sans plaisir.

- " Pourquoi ne pas l'avoir gardée, écrit Diderot. Elle était faite à moi, j'étais fait à elle, elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner, j'étais pittoresque et beau ; l'autre, droite, empesée, me mannequine. Il n'y avait aucun besoin auquel sa complaisance se prêtât, car l'indigence est presque toujours officieuse : un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s'offrait à l'essuyer, l'encre épaisse refusait-elle de couler de la plume, elle présentait le flanc, on y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu'elle m'avait rendus. Ces longues raies annonçait le libérateur, l'écrivain, l'homme qui travaille ; à présent j'ai l'air d'un riche fainéant ; on ne sait qui je suis.

Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d'un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l'eau ; j'étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre ! Je suis devenu l'esclave de la nouvelle. "

 et plus loin :

- " Mes amis, gardez vos vieux habits, craignez l'atteinte de la richesse ; que mon exemple vous instruise : la pauvreté a ses franchise, l'opulence à sa gêne.

Dimanche 29 avril 1951

 

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