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La date du 11 novembre, qui marque en 1918 l’effondrement de l’Allemagne, faillit déjà être une date critique au moment où Bismarck, fortement, péniblement et sans scrupules, achevait de façonner l’édifice impérial.

C’est le 18 novembre 1970 que les deux délégués wurtembergeois, à Versailles, Suckow et Mittnacht recevaient de Stuttgart l’ordre de rompre toutes les négociations que Bismarck poursuivait en faveur de l’unité allemande et de venir chercher auprès de leur gouvernement des instructions formelles.
Alors commencèrent pour le chancelier des jours remplis d’angoisse : au moment où l’œuvre s’achevait, tout allait-il lamentablement s’écrouler ?
Les nouvelles générales étaient mauvaises : les travaux du siège de Paris subissaient un arrêt pendant qu’on discutait la question du bombardement.
Le 9 novembre Von der Thann avait été obligé de reculer et la journée de Coulmier marquait la première victoire française ; enfin de nouvelles difficultés pouvaient surgir à la suite de la dénonciation russe de certains articles du traité de Paris de 1856. ..
Mais l’orage qui menaçait disparut à l’horizon  et le ciel s’éclaircit pour l’Allemagne des Hohenzollern.
La Bavière fut l’instrument de la réconciliation de la Prusse avec les Etats du Sud. Il a suffi de quelques concessions habiles, et, le 22 novembre, Bismarck retrouvait sa sérénité.
 

 

Si l’Allemagne avait été victorieuse.

Quel eût été le traité de paix au cas où le sort des armes eût été favorable à l’Allemagne ?
Trois projets avaient été établis, voici le moins brutal :

- La France cédera à l’Allemagne toutes ses colonies, y compris l’Algérie ; tout le pays compris au nord d’une ligne droite tirée de Saint Valéry sur Somme à Lyon ( cette ville incluse ), puis le cours supérieur du Rhône jusqu’à la Suisse, soit le quart de la France, plus de 15 millions d’habitants !
- La France démolira toutes ses forteresses ; elle remettra à l’Allemagne 3 millions de fusils, 3000 canons, 40000 chevaux ; le recrutement sera supprimé pendant vingt-cinq ans.
- La France signera avec l’Allemagne un traité de commerce, au terme duquel les marchandises allemandes pourront rentrer en France, en franchise, pendant vingt-cinq ans, et sans réciprocité.
- La France abandonnera toute alliance avec l’Angleterre et la Russie, et deviendra l’alliée de l’Allemagne durant vingt-cinq ans.

Quant à l’indemnité de guerre à payer, une révélation nous apprend que Guillaume la fixait à 200 milliards de francs or.
C’était la fin de la France, qui devenait une province vassale de l’Allemagne.
La Belgique, le Luxembourg et la Suisse entraient purement et simplement dans l’Empire allemand. La Hollande quant à elle devenait un été confédéré.

Et les Allemands ajoutaient que les Français s’estimeraient heureux d’accepter ces conditions puisqu’ils conservaient Paris, la Ville-lumière….
Qu’on soit bien persuadé qu’en cas de victoire, toutes ces clauses auraient été exécutées, une fois le traité  signé.


Almanach Vermot -10 novembre 1922



 

Tag(s) : #Almanach Vermot

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