Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

       Résultat d’images pour brigitte bardot nue Notre époque n'a pas de mots assez durs pour fustiger le passéisme ou la nostalgie alors qu'en devenant, chaque jour, de plus en plus déprimante, elle nous les offre comme seules échappatoires.                                  

Plongeons-nous donc dans le bain lustral de ces " années insouciances "durant lesquelles mémères acariâtres, pères la pudeur et grenouilles de bénitier éructaient en chœur. Regrettons ces espèces en voie d'extinction car il était tordant de les voir s'étrangler de rage et avaler leur dentier à la vue d'une fille mutine et spontanée qui exhibait sur l'écran son appétence sensuelle ( et de bon aloi selon le père De Gaulle...)

  " Votre Brigitte Bardot,

elle montre ses fesses mais elle a rien dans le ciboulot ".

On connaît l'indigente rengaine ânonnée par ces mauvais coucheurs. Mais nous, pauvres ignorants à la vue courte, peu nous importe de savoir si Miss O'MURPHY  modèle de la superbe odalisque de Boucher, lisait les philosophes ou si la baigneuse de Courbet approuvait les théories de Darwin, nous sommes au cinéma dont un des mérites ,et non le moindre, est de " faire faire de jolies choses à de jolies femmes " ( JG Auriol ).

Les fesses de Bardot méritent-elles le mépris ? A ceux qui posent la question je conseille de revoir la célèbre séquence d'ouverture que des producteurs pour une fois avisés avaient imposé à Godard.

                              " Tu les aimes mes fesses " ?

Oh ! que oui quand elles sont l'épicentre d'un hommage à l'art du blason féminin prisé par les poètes de la Renaissance. Scève et Marot célébraient le corps féminin dans ces tableautins, échos, selon les érudits, de la quête platonicienne de l'absolu ( pour clore le bec aux ignorants cités plus haut: Platon-Bardot même combat )

               " Je t'aime complètement, tendrement, tragiquement "

Le pauvre Piccoli ne croit pas si bien dire car ce moment de complicité sensuel amplifie par contraste la tragédie que va vivre ce couple confronté au vide abyssal du monde moderne. Un monde incarné par ce producteur fier de sortir son chéquier quand il entend le mot culture et à qui Jack Palance prête ses traits d'arrogant prédateur. Piccoli /Javal adaptateur de " L'Odyssée" , tente vainement de trouver chez Homére une solution  à ses problèmes conjugaux mais un abîme nous sépare du monde antique.

Fritz LANG,  lui-même Prométhée du cinéma, ne peut insuffler la moindre vie à un Ulysse dépenaillé, déambulant, hagard, au milieu de statues désespérément muettes et figées.

Sol Invictus, Bardot, créature délicieusement païenne nous a laissé entrevoir ce que fut le monde de Circé, Pénélope et Calypso. Un " monde accordé à nos désirs " que le cinéma a effectivement substitué à notre regard .     

 

Tag(s) : #Ciné -phil - Philippe guillaume

Partager cet article

Repost 0