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Je me suis sentie pauvre une fois, une seule. J’avais quinze ans et Jean-Baptiste m’aimait, me l’écrivait.
J’étais celle qui faisait ses nuits blanches. Tous les matins au Collège, il glissait un poème dans mon cartable.
Quel bel automne roux, rouge. Nous dansions sur les feuilles craquantes, nos rires et nos baisers avaient la même tonalité.
Je me suis sentie pauvre un matin. Jean-Baptiste avait un père vivant…lui ! Ce père dirigeait la plus grande usine verrière de la région.
– Nine, c’est vrai que ta mère fait des ménages ?
Je portais les plus jolies robes du Collège, j’avais un regard fascinant disais-tu, je racontais les livres comme nulle autre mais…ma mère faisait des ménages. Ce matin là j’ai compris. Cette pauvreté dans le regard de l’autre est à fuir, quel qu’en soit le prix à payer. Adieu Jean-Baptiste !

Je t’ai revu quinze ans plus tard, par hasard, tu étais le porte-documents d’un de mes clients, lors d’un déjeuner commercial. Ton regard était….un peu pauvre.

  

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