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Publié par elsapopin

Le soir est là : tu ne reviendras pas.
C’est une chose simple à écrire :
le poème est un tombeau
pour ceux qui se sont aimés,
pour ceux qui se sont gardés
l’un contre l’autre
pour un jour ou trente années.

Chaque ligne est le barreau d’une échelle
qui monte vers le passé. D'en haut,
je t’entends murmurer : ce n'est pas une erreur.
Nous voilà pauvres de caresses,
toutes nues de dignité.
Alors je referme les pieds de l’escabeau.
Dans la nuit qui vient, pleine de chaleur,
de mauvaises pensées, je me souviens
d’une parole :
tu étais si petite qu’en te prenant contre moi
j’avais peur dans mes bras de te briser.

Tu ne savais pas que je cachais en moi
une montagne couverte de chèvres enragées :
quand je tremble, elles se rapprochent.
Quand je dors, elles tiennent si chaud
que je sens dans ma poitrine la montagne
brûler et me donner dans l’ombre
un peu de son flambeau.

Le soir est là : avec lui les mauvaises nouvelles
et les nids sous le toit où pondent les hirondelles.
Je n’ai plus peur de rien, j’avance les yeux fermés
aux côtés d’une belle et longue solitude
qui me tient par la main et verse dans mon verre
de grands sourires où les sanglots ont pris leurs habitudes.

C’est une chose simple à écrire :
le poème est une porte de bois noueux
où ceux qui s’aiment viennent frapper
quand ils ne trouvent plus de sens
à la réalité brutale des silences et des adieux.

Nous aurons, un jour, des paroles moins dures
et des promenades au soleil un dimanche de juin.
La blessure est profonde mais elle ne saigne plus :
il y aura encore de lourdes portes closes
et j’écrirai ton nom dessus.

 

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