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Publié par elsapopin

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Petite voix,
Petite chose devenant,
Échouée là
Dans le bleu sidérant
Le désir au crépuscule,
A flanc de mer
Non loin des dauphins
De l'écume radieuse,
Tu es là
Les rochers mordorés
Les embruns arc-en-ciel,
L’ampleur du vent Sa grâce de mouvement
Le piano va des vagues aux roches
Des roches aux pins
Les reflets lèvent des teintes
Merveilleuses
Tu es là
Plaie à ciel ouvert
Ton corps-viaduc, ton corps-maison,
Ton corps-avenir, ton corps-maison,
Ton corps-danse cloué
Qui accompagne qui ?
Tu es là et pourtant
Je te vois mais c'est autour
C’est presque un chant
Tout autour la mer
Tu brilles
Pourtant, la violence
Ta plaie à heurter le bleu
L'œuvre de mort sous les clartés du large,
La fraicheur des pins,
C’est un autre lointain
Je t'accompagne, tu sais
Je ne te lâche pas
Je te vois et tu brilles autour
Comment c'est possible ça ?
C'est ton dernier cadeau ?
Ton chant de cygne ?
Nous l'ignorions toi comme moi,
Toi comme moi
Là-bas les vagues roulent une danse,
Et claquent les écumes comme des rires sur les roches

7
La petite voix disparaît comme quelque chose finit
Un peu comme l’étoile filante,
À nos yeux seulement
Elle a passé, oubliée par plus fort
Etrange force
Etrange rayonnement
Comme si la confluence était un combat
Elle a passé, enfouie soudain
Il y a là-bas un désert encore tout pétri de fraîcheur
Etrange amour
Etrange rayonnement
Oubliée ici
Dire que c’est l’infortune
Dire que c’est l’insouciance
Et puis dire que c’est bien pire : que c’est dans le regard
Te voilà ici,
Et le ciel toujours                                                 
Ce sera sans fin
                                                                                               Presque sans bruit,

Mais dans la mêlée des vagues
Et l’écume échevelée aux jetées scintillantes,
Ton propre souffle rejoint parfois rejoint la tendre meute


**********************************************
Mais, quand
La solitude,
Entre la résonance de l’abandon
Et le démuni oubli de soi
Et,
Tapie dans son mutisme,
L’impossibilité d’un accomplissement
Là, ici, tout devant
Que trouveras-tu
Que pourras-tu
Avec quoi ?
Avec quoi, est-ce encore avec ?
Que trouveras-tu que tu ignores encore ?
Sur le sable, à fleur de vent
Tu étires ce que tu peux à sa caresse
Tu t’imprègnes de sa présence, le grand frère voyageur
Il a connu la nuit des temps


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Embruns
Une volonté de surgir
Un puis un remous
Le reflux soudain
L'achoppement
À flanc d'infini
Des roches au sable
Le sel trace, à la moindre lumière
L'instant passé et un petit peu
Du grand mystère
Ses images
Le visible rejoint
Traversé épousé
Quelle place là où
L’isolement lentement
Pressentie la rigueur
Jusqu'au noir de l'entaille
La mémoire du rejet
                                                             
Te souviens-tu de la laideur qui pleure ?

Son linceul de pensées
Et de larmes caillées comme du petit lait
Rendez la mère
Te contenter du gré du vent
Du mystère d’être
Tu sais cela
                               Mais ce n’est pas
                               Sans cœur battant
                               Sans cœur ardent
                               Sans cœur d’enfant toujours
Que trouveras-tu que tu ignores encore ?

La Vague  de Gustave Courbet (1819 ) 

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