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Publié par elsapopin

Petite Pimprenelle, 
quel beau duo de mots jolis 
pour épouser l'humus d'hiver, 
pour retourner de frais la terre, 
c'est un peu comme 
l'amour étendu à deux
qu'on s'enroule sur le lit, 
c'est un serrement 
à deux paumes goulues, 
c'est ta main levée 
interrogative, 
dans l'effroi 
de ne pas savoir 
le temps qu'il fera demain... 

Petite Pimprenelle, 
chère palpitante heureuse plante, 
bizarre rose fleur de nos jardins, 
le vrai capital, 
l'améliorant essentiel
comme à l'amitié
la totale nécessité 
d'une poignée de mains;
qu'on te nomme potariole 
ou sanguisorbe, 
tu seras toujours 
la proie voulue et basculée 
de ma sécante triandine, 
sa rosaciée préférée mise à nue;
cet arraché si vrai terreau 
d'amour pêché, puis renversé, 
démotté de mauvaises racines 
ou de quelques coureurs 
encombrants rhizomes. 
T'en deviendras
du limon ambitieux, 
l'attendrie fertilité.

Petite Pimprenelle, 
chère sorbastelle insouciante, 
tu pousseras tranquille  
loin de quelques osées tiges 
d'herbes sauvages 
ou de faux sarrasins. 
Comme toi 
ma fraîche amie du soir, 
tu es la mauvaise herbe 
tout autant alanguie qui, 
dans ton fou lierre intéressé, enveloppera mon tronc 
et fera musique de mes bras, 
comme archet glissé 
langoureux au violoncelle 
de tes lianes de nuit, 
de ta lingerie audacieuse, 
si volatile utile à ma griserie. 

Petite Pimprenelle 
ma chère douce et tendre verte, 
ose cette ludique pirouette 
telle une ombre portée 
à ma lourde terre vieillie, 
plus tout à fait vierge, 
mais plutôt tant racornie, 
comme la dextre creuse de chaux 
du semeur d'engrais 
au vent d'automne.

 

 

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