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La remarque de Ségolène concernant la gestion de la crise sanitaire par des femmes n'était pas si con que ça. Outre Merkel, Katrin Jakobsdöttir (en Islande), Sanna Marin (en Finlande : 36 ans seulement, comme quoi le sens des responsabilités n'attend pas le nombre des années, suivez mon regard réprobateur) et Tsaï Ing-Wen (à Taïwan) se sont particulièrement distinguées. Je ne vais pas vous abreuver de chiffres mais dans le premier pays il n'y a eu que 10 morts sur une population de presque 400 000 personnes ; en Norvège, 27 sur quelque 50 000 000 d'habitants ; et la palme revient à Taïwan avec 6 décès sur 23 millions d'âmes.

Ceci dit, il faut modérer le compliment à la chancelière teutonne : D'une part, le Covid semble repartir à la hausse et dans (encore une fois) ARTE REGARDS du lundi 27, on a pu voir un reportage sur les sages-femmes d'outre-Rhin, mal rémunérées et, partant, de moins en moins nombreuses. Même chose pour les infirmières.

Une qui ne manque décidément pas d'air, c'est la Bachelot Narquin qui est invitée une fois par semaine par Anne-Élisabeth Lemoine dans "C à vous" sur FRANCE 5 (il paraît qu'elle est très populaire auprès de nos concitoyens, alors...) et déplore la dégradation de l'hôpital public. Quelqu'un pourrait-il lui rappeler qui a signé, en 2009, sous le règne de l'histrion de poche, le fameux décret sur la tarification à l'activité, cause de tous les maux qu'elle dénonce ?

Mardi 28, dans "Le Monde en face", un documentaire sur le système de santé chez le petit-fils de clandestin qui a démantelé l'Obamacare ( permettant à tous les Américains d'avoir une assurance santé, en partie financée par l'État pour les moins fortunés), sans doute parce que c'est trop cher (autant que le mur avec le Mexique ?) et surtout pour défaire tout ce qui a été mis en place par son prédécesseur.

On se rappelle qu'Obama l'avait humilié publiquement.

En fait, il n'a pas pu abolir totalement la loi, à une voix près, le républicain John Maccain, candidat contre Obama en 2008, ayant voté contre au Sénat. Qu'à cela ne tienne, il s'est employé à la détricoter. Heureusement que depuis 1965, les très nécessiteux ont droit au MedicAid et les plus de 60 ans au MediCare. Et pour les autres ?

On entend la mère d'une jeune fille du nom de Shalinne qui s'est présentée aux urgences pour une douleur à la jambe et qui s'est vue refoulée parce qu'elle n'avait pas d'assurance ; peu après, elle a succombé à une embolie pulmonaire (du coup, sa mère, qui jusque-là n'avait eu aucun engagement politique, a lancé un mouvement en faveur du droit pour tous à être soigné). Ou une diabétique qui doit se procurer de l'insuline auprès d'une alter ego, celle-ci ayant eu son traitement modifié et ayant donc des boîtes de reste. On en voit une autre qui doit s'approvisionner, en insuline également, à Vancouver parce que le médicament est beaucoup trop cher dans son pays.

Un élu républicain de l'Arizona, un dénommé Paul Gosar, s'exprime ainsi (je vous livre ses propos in extenso) :

"La santé, ce n'est pas un droit. Vous êtes ce que sont vos gènes. C'est à vous d'être responsables de votre santé. Vous êtes ce que vous mangez, vous êtes le sport que vous faites, vous êtes la vie que vous menez. Certains ne le voient pas comme ça. Pour ma part, je considère que ce n'est pas mon problème. D'ailleurs, quand vous regardez bien notre système, tout le monde, je dis bien tout le monde, peut se faire soigner dans ce pays, personne ne peut être laissé sans soins à l'hôpital car il y a une loi pour ça".

La loi existe effectivement, elle s'appelle EMTALA ( Emergency Medical Treatment and Active Labor Act ) mais, d'une part, le dénommé Gosar ne craint pas de se contredire : que les salauds de malades se démerdent tout seuls avec leur santé mais tous les patients peuvent se faire soigner. Il faudrait savoir. D'autre part, un tiers des hôpitaux n'appliquent pas cette loi.

Pour les réacs du Parti Républicain, le système français de soins serait un système socialiste, un très gros mot à leurs yeux.

Le reportage se termine, ceci dit, sur une note d'espoir : la mère de Shalinne a remporté l'audience préliminaire contre l'hôpital qui a littéralement "assassiné" sa fille.

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