Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Greg

 

J’avoue, à ma grande honte, ne pas avoir connu l’œuvre de Christian Bobin avant ce mercredi soir où François Busnel lui a consacré une de ses émissions de « La Grande Librairie ».

« Pierre, » : le titre et sa virgule sont une adresse à Pierre Soulages, le peintre des Outrenoirs.

C’est un hommage à une peinture qui consiste à sublimer la lumière, la capturer et la restituer en utilisant… du noir. Christian Bobin raconte un voyage en train pour aller rendre visite au peintre à sa maison de Sète. Ou plutôt ce récit est celui d’un périple dans l’art de Soulages. Et cette lecture fut l’occasion pour moi de goûter sa prose poétique onctueuse aux reflets changeants, comme les noirs texturés complexes de Soulages.

Sous le prétexte de raconter une œuvre, un artiste, Christian Bobin déroule un style d’une beauté stupéfiante, simple, épais parfois. Chaque phrase est un univers en soi et est empreinte d’une spiritualité profonde, de l’intuition d’une transcendance.

« Tout amour file vers Dieu, que celui-ci existe ou non », nous dit-il.

C’est un éloge de la simplicité et de l’émerveillement face au monde.

Ce livre est une couverture chaude et réconfortante, indispensable en ces temps troublés.

 

Quatrième de couverture :

Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s’étiole dans cette appartenance. Il m’aura fallu plus de soixante ans pour savoir ce que je cherchais en écrivant, en lisant, en tombant amoureux, en m’arrêtant net devant un liseron, un escargot ou un soleil couchant. Je cherche le surgissement d’une présence, l’excès du réel qui ruine toutes les définitions. Je cherche cette présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant.

 Lire-voir entendre - Greg :  Pierre de Christian Bobin
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article